2008-07-22 21:13+0200 (Orsay) — Voyage en Inde V
Ce blog passera bientôt à l'heure de Kolkata (UTC+0530) : après-demain matin, si j'arrive à me réveiller à temps, je prendrai un avion pour Mumbai et tôt le lendemain matin, un autre pour Kolkata.
Dernière lessive. Derniers achats. Dernière nourriture carnée avant un moment. Dernières tasses de thé chinois. Dernière écoute de quelques merveilles de la musique européenne.
J'ai imprimé mes huit billets de trains, acheté un cadenas assez gros pour pouvoir accrocher mon sac aux anneaux prévus à cet effet dans les trains.
Tout-à-l'heure, retrouvailles avec le brrrouwww brrrouwww des
sonneries de téléphones indiens après avoir redécouvert comment on
composait un numéro en Inde, en mettant à la suite l'indicatif du pays,
celui de la ville (sans le zéro initial) et le numéro local. Cela donnait
quelque chose comme 0091.33.22...
. Les numéros de téléphone d'hôtels
de la première édition française du guide Lonely Planet ne sont pas trop
périmés : au deuxième essai, un être humain répond à l'autre bout du fil.
Après un Ji?
apparemment hésitant sur la langue à utiliser après que
j'eusse prononcé le nom de l'hôtel, j'entendis un anglais impeccable. Bref,
je ne crains pas que ma réservation parte à la poubelle cela
m'est déjà arrivé.
Il faut que je choisisse les quelques livres que je vais emporter avec moi. Je prendrais certainement Le Rāmāyaṇa de Vasundharā Filliozat, parce qu'il devrait m'aider à me repérer dans la visite que je compte faire du temple Ramachandra à Hampi. Ensuite, pour éviter de trop alourdir le sac, il convient d'optimiser la densité de caractères au kilogramme et éventuellement de minimiser le coefficient ferroviaire de densité romanesque. Bref, voilà une bonne occasion de lire quelque pavé délaissé. Dans cette catégorie, j'hésite entre Voyage au bout de la nuit de Céline et Le docteur Jivago de Boris Pasternak. Je prendrai aussi quelques romans plus ou moins de circonstance : Sous un ciel de marbre de John Shors, offert par Laurence, Un homme meilleur d'Anita Nair et Où irons-nous cet été ? d'Anita Desai.
Après cela, il ne me reste plus qu'à me reposer pour attendre le début de la bonne vingtaine d'heures qui devraient s'écouler entre mon départ d'Orsay et mon arrivée à Kolkata.
2008-06-26 17:16+0200 (Orsay) — Voyage en Inde V — Mathématiques
Ce matin, je suis allé chez un médecin généraliste choisi au hasard parmi ceux pratiquant dans ma commune. La prochaine fois que j'aurai besoin d'une consultation, j'irai en voir un autre...
Jamais une consultation chez un médecin ne m'aura fait perdre autant de temps (à vrai dire, sans compter le temps passé en salle d'attente, je n'avais jamais eu l'impression de perdre de temps avec un médecin). Je venais pour une nouvelle injection d'un vaccin contre la fièvre typhoïde et pour me faire prescrire un traitement préventif contre le paludisme (dont, cela dit en passant, je vais visiter la ville où son vecteur a été mis en évidence, comme me l'ont rappelé indépendamment trois romans que j'ai lus récemment, effet Zahir.).
Malgré un remplissage d'une salle d'attente laissant supposer qu'elle finirait sa journée assez tard, très efficace, le docteur que j'avais à Grigny avait pris le temps de se renseigner sur le site de l'OMS ou sur un autre pour examiner dans le détail les maladies dont il est conseillé aux voyageurs de se prémunir. Finalement, j'avais ainsi été vacciné contre la fièvre typhoïde et l'hépatite A, et avais pris un traitement contre le paludisme.
Aujourd'hui, la consultation a duré un peu plus d'une heure, mais son aspect médical ne s'est étendu que sur 2 ou 3 minutes. J'avais apporté le vaccin contre la fièvre typhoïde (à refaire tous les trois ans tant que l'on voyage dans des zones à risque). Pendant l'injection, le médecin (par ailleurs ostéo/homéopathe, une mission de reconnaissance en déchiffrage des plaques professionnelles s'imposera pour mes choix ultérieurs de praticiens...) a commencé à m'interroger sur mon métier. Il est tout à fait normal qu'un médecin discute tranquillement avec ses patients de leur vie. Qu'il transforme ensuite la consultation en une discussion aux forts relents d'obscurantisme pseudo-scientifique, c'en est une autre.
Le médecin voulait donc savoir ce qu'étaient les mathématiques. Après
plusieurs manifestations
d'insistance, fort embarassé, j'ai consenti à admettre que
je faisais de la géométrie algébrique
, espérant que cela permettrait
d'abréger la conversation sur ce thème. Après quelques digressions sur son
métier consistant en l'étude des corps et de leurs mouvements dans l'espace
et le temps, mon interlocuteur m'a demandé si je savais ce qu'était un nœud
borroméen. À ce moment-là, je savais que le point de non-retour était
franchi et qu'il fallait que je souffrisse cela encore un petit moment. Je
répondis bien sûr par l'affirmative et après une remarque incomprise au
sujet de la symétrie de rotation d'ordre 3, le
médecin a joint le geste à la parole et après avoir cité Lacan,
en a dessiné un sur un bout de
papier, affublant chacun des cercles d'un terme parmi réel
,
imaginaire
et symbolique
. Alors, pour moi, les mathématiques
relevaient-elles du réel, du symbolique ou de l'imaginaire ? Ne voulant pas
paraître trop malséant, je me suis amusé à suggérer que d'autres auraient
peut-être écrit moi
, surmoi
et ça
à la place.
S'ensuivit un soliloque peu conforme à mes souvenirs en théorie
freudienne... Le ça
s'est transformé en sous-moi
, victime du
poids conjugué du moi
et du surmoi
. Sur le bureau, une poupée
russe est venue au secours du brillant orateur. Dans le ventre de sa
mère (il déboîte la grande poupée pour faire apparaître la petite),
l'enfant ne reçoit de l'extérieur que la traduction chimique de l'imaginaire de
sa mère, il le confond avec le réel et il ne le sait pas. [...] Vous autres
mathématiciens, vous ne vous prendriez pas un petit peu pour Dieu...
.
Retour à l'étude du corps et des mouvements. Vous
voyez l'alimentation, la Pomme, qui rentre dans le corps... L'arbre de la
connaissance, Le Péché originel™... (suivent quelques phrases
dont je me laisse prendre à observer qu'elles ne sont pas très
catholiques). Je suis aussi ostéopathe, vous savez. (bruit sourd
d'un gros livre atterrissant devant moi). Je suis sûr que dans ce
livre, ils citent des articles de mathématiques.
Au bout d'un moment, il a quand même fini par revenir sur Terre et m'a
cordialement demandé de lui dicter l'ordonnance : Malarone, connaît-pas,
comment ça s'écrit ? vous en voulez combien ?
.
2008-06-23 10:20+0200 (Orsay) — Culture — Voyage en Inde V
Hier, j'ai acheté un petit cahier à spirales pour prendre diverses notes lors de mon prochain voyage en Inde. Pour favoriser mes chances de monter facilement dans le bon bus ou le bon train sans trop avoir à faire de signes de mains et de hochements de tête, j'y note dans les alphabets locaux la liste des villes que j'envisage de visiter :
Kolkata কলকাতা ― Shantiniketan শান্তিনিকেতন ― Bishnupur বিষ্ণুপুর ― Puri ପୁରି ― Konark କୋଣାର୍କ ― Bhubaneshwar ଭୁବନେଶ୍ବର ― Vijayawada విజయవాడ ― Amaravati అమరావతి ― Hyderabad హైదరాబాదు ― Warangal వరంగల్ ― Hampi ಹಂಪೆ ― Aihole ಐಹೊಳೆ ― Pattadakal ಪಟ್ಟದಕಲ್ ― Badami ಬದಾಮಿ ― Bijapur ವಿಜಾಪುರ ― Jalgaon जळगाव ― Mumbai मुंबई 1.
En dehors de l'alphabet latin, cinq alphabets indiens sont représentés. Du début à la fin, on voit successivement les alphabets bengali, oriya, télougou, kannada et devanagari. Tous ces alphabets sont bâtis sur le même principe. Des consonnes, des voyelles, écrites de gauche à droite ; quand une voyelle suit une consonne, elle décore la consonne précédente (on parle de matra). Pour les détails, il faut faire avec les particularités de chaque alphabet...
Le seul alphabet que j'aie à peu près correctement assimilé est l'alphabet devanagari. Par rapport aux autres alphabets, finalement, la seule difficulté réside dans le système complexe de formation des ligatures : quand deux consonnes (ou plus) se suivent sans voyelle intercalaire (même un a tellement bref qu'il ne se prononce pas), les glyphes se collent, s'empilent ou se mélangent. Dans le cas le plus simple, la moitié droite, barre verticale comprise, de la première consonne est mangée par la deuxième. La difficulté réside dans les ligatures plus complexes, où on ne parvient plus à distinguer les glyphes initiaux. Cette difficulté n'apparaît pas dans le nom des villes de Mumbai et Jalgaon ci-dessus. Il semblerait que ce ne soit d'ailleurs le cas d'aucune des villes hindiphones que j'aie visitée jusqu'à maintenant. (Je vous jure que ce n'est pas sur ce critère que je les ai choisies.) Sur l'entrée du Shri Bhagavadgita Mandir, on peut déjà voir une petite palette des différents types de ligatures :

Le premier mot
श्री (shri) est une haute
formule de respect obtenue en combinant les consonnes
श (sh) et र
(r), le tout suivi d'un i
. Le mot suivant Bhagavadgita
s'écrit généralement en deux mots (au moins en français), c'est le titre
d'un ouvrage religieux hindou (auquel ce temple est dédié), constitué d'un
dialogue entre Krishna et Arjuna, situé
juste avant le début de la guerre, à l'intérieur du sixième livre du
Mahabharata.
Bhagavad
se terminant par un d
et Gita
commençant
par un g
, on peut voir un magnifique
empilement des deux consonnes, qui risque
de perdre de sa superbe après affichage sur votre écran sous forme de
texte : द्ग
. Le dernier mot est un mot que
l'on voit très souvent écrit, puisqu'il veut dire temple
: मन्दिर
(une
écriture plus moderne utilisant un signe de nasalisation plutôt qu'un
n
est मंदिर
). Dans ce
dernier cas, la barre verticale du n
est effacée pour laisser la
place au d
: c'est le cas le plus facile à déchiffrer.
Parmi les quatre autres alphabets représentés, l'alphabet bengali est
celui qui s'approche le plus de l'alphabet devanagari. Par exemple,
la lettre ল
est quasi-identique à la lettre homologue ल
de l'alphabet devanagari. Une particularité : en
devanagari, la plupart des matras s'écrivent à droite, en haut ou en bas
des consonnes sauf celui du i
qui s'écrit à gauche, en bengali,
il y a un peu de ça, mais les matras associés à e
et ai
s'écrivent à gauche, tandis que ceux correspondant à o
et au
ont un morceau à gauche et un autre à droite, phénomène que j'avais déjà
observé pour le tamoul (essentiellement pour les mêmes voyelles).
Globalement, je trouve l'écriture bengali assez harmonieuse.
Plus bas, le nom des villes de Puri, Konark et Bhubaneshwar est écrit dans l'alphabet de la langue officielle de l'état d'Orissa : un assemblage extravagant de ronds qui veuille dire quelque chose.
Un peu plus bas, il n'y a pas un, mais deux alphabets. Il n'est pas
évident de les distinguer au premier coup d'œil ! Lors de mon séjour au Sud de
l'Inde, l'écriture d'écriture kannada m'avait
semblé assez hermétique. Combien
peuvent paraître curieuses les décorations en forme de luge que l'on peut
voir de Hampi à Bijapur ? Entre Vijayawada et Warangal, on retrouve un peu
la même chose : c'est du télougou, langue de l'Andhra Pradesh. Je crois que
j'ai essentiellement compris le principe. En télougou, par défaut, la plupart
des consonnes sont surmontées d'une sorte de Swoosh. Si la consonne est
suivie d'une voyelle, le Swoosh se transforme en une ou plusieurs luges,
boucles, etc, harmonieusement raccrochées à la consonne. J'aime bien la
façon dont ti
s'écrit : తి
. En
kannada, il n'est pas question de Swoosh, mais de luge placée par défaut en
haut de la consonne comme dans ರ
(ra), et remplacée
par quelque autre chose tout en courbes si une voyelle est ajoutée. (Cette
manière de décrire les choses traduit un a priori de ma part, à
savoir que cette interprétation est une conséquence de la manière dont ces
alphabets ont été intégrés au Standard
Unicode, à savoir de façon à ce que les homologies entre les alphabets
soient bien préservées (par exemple, pour transcrire un mot d'un alphabet
indien à un autre,
il suffit souvent de préserver les 7 bits de poids faible dans le
numéro du caractère, tout en changeant le préfixe). Dans l'alphabet
devanagari, la voyelle a
brève n'apparaît pas explicitement quand
elle suit une consonne. Il n'y a aucun caractère dans le Standard Unicode
pour ce matra invisible. Il y a gros à parier que, en vérité, la luge
(resp. le Swoosh) ne fait pas vraiment partie des consonnes, mais qu'il a
été décidé, plutôt que de créer un matra a bref qui ferait paraître ces
signes, eh bien, de préserver la compatibilité logique avec l'alphabet
devanagari, ainsi, selon Unicode, sauf mention du contraire, tout se passe
en télougou et en kannada comme si chaque consonne était suivie d'un a
bref. Hum, je crois que j'ai compris pourquoi l'alphabet kannada m'avait
semblé hermétique...).
[1] Il est très probable que la plupart de ces alphabets s'affichent très mal sur votre écran, s'ils s'affichent... J'ai essayé de ne pas faire d'erreur de recopie. Il n'est pas toujours évident de trouver sur le Web les noms de ville dans ces alphabets locaux, et si on les trouve, il n'est pas clair que ce qu'on voit soit une écriture correcte, les différents logiciels n'affichant pas tous la même suite de caractères de la même manière. Dans les cas douteux, j'ai essayé de trouver des images (titres de journaux par exemple) représentant ces noms. La version de Firefox que j'utilise s'appuie sur GTK+ et plus particulièrement sur Pango pour afficher du texte dans de nombreuses langues : le support des langues indiennes m'y semble excellent.
⁂
Samedi dernier, avant d'entreprendre la dernière étape de ma lecture du deuxième livre du Rāmcaritmānas de Tulsī-Dās, traduit en français par Charlotte Vaudeville, j'ai lu une étonnante pièce de théâtre de Rabindranath Tagore. Malheureusement, il semble que cette pièce ne soit plus disponible en français ; cette œuvre avait été traduite de l'anglais par André Gide, et paraît-il lue à la radio la veille de la prise de Paris par la Wehrmacht. Le titre anglais de la charmante traduction de Krishna Dutta et Andrew Robinson est The Post Office. La traduction de Gide s'appelait Amal et la lettre du roi. C'est très court. Un jeune garçon, Amal, est malade et doit rester chez lui parce que le médecin lui interdit de sortir de peur que son état s'aggrave. Via sa fenêtre, il découvre l'extérieur. Il s'émerveille de toutes les opportunités qui existent dehors. Quand il aperçoit le nouveau bureau de Poste, il se met à espérer que le raja lui enverra une lettre... Bref, cela va peut-être me donner une plus grande motivation pour aller à Shantiniketan.
2008-05-11 22:32+0200 (Orsay) — Voyage en Inde V
J'ai commencé à réserver des billets de train pour mon prochain voyage en Inde. En effet, sur le site IRCTC, les réservations commencent jusqu'à 90 jours à l'avance. Si au fil des ans, l'interface tend à s'améliorer, il y a encore de nombreux problèmes.
D'un site à l'autre, les informations manquent de cohérence : un train qui apparaît sur l'un n'existe pas forcément pour l'autre. Le service s'arrête entre 23h30 et 5h (heure de Kolkata). À certaines heures, le service est saturé et fonctionne très mal.
Pour réserver, on commence par indiquer les codes à trois ou quatre
lettres de la station de départ et de la station d'arrivée. Alors qu'il me
semble que jadis il fallait vraiment connaître ces codes :
CSTM pour Mumbai (la très belle gare
que tout le monde continue à appeler VT), HWH pour la gare
principale de Kolkata, BZA pour Vijayawada, ça ne s'invente
pas. Ensuite, il faut sélectionner le type de billet que l'on veut. Il faut
choisir entre e-ticket
et i-ticket
. L'une des deux
possibilités correspond aux billets ordinaires (identiques à ceux imprimés
dans les gares), livrés par la poste (option inenvisageable si on ne réside
pas en Inde). L'autre possibilité est le billet électronique, qui peut être
réservé jusques à quelques heures avant le départ. En tant que francophone
naviguant dans un contexte anglophone, la mnémotechnie est impuissante à
me faire retenir s'il faut prendre un [ɪ]-ticket
ou un [aɪ]-ticket (voir aussi ce
tableau à double entrées).
Plus loin, ce qui peut sembler encore plus hermétique si on n'a jamais
pris le train en Inde, il faut choisir la classe du ticket. Non, il n'est
pas possible de lister les trains et ensuite de voir les classes
disponibles, ce serait trop facile. Sur les trains circulant le jour, on
trouvera par exemple CC ou 2S alors que sur les
trains longue distance, on verra plutôt des sigles 2A,
3A, SL, II. Pour le moment, je ne
pense avoir expérimenté que CC une fois,
3A une fois et surtout SL, la
Sleeper Class. Suivant où l'on se trouve (site Internet,
gare, quai, guides), les noms des classes seront parfois abrégés
différemment. Les codes de voitures n'ont pas une unique façon de s'abréger
non plus. Cependant, en Sleeper Class, j'ai toujours vu des
numéros du type S3
, S4
, etc.
Ensuite, si le serveur est de bonne humeur, il affichera la liste des
trains possibles. L'information qu'il faudra retenir le moment venu est le
numéro du train : il définit une unique classe d'isomorphisme de trains
(prendre cependant garde au fait que la plupart des trains ont deux numéros
Up
& Down
, a priori consécutifs, correspondant
aux deux sens de parcours). En effet, quand j'ai pris le train en gare de
Pune, j'ai eu l'impression que la quasi-totalité des trains évoqués dans
les annonces sonores s'appelaient Mumbai Express
...
Un nouveau type d'embûches se présente alors au voyageur. Si
beaucoup de trains circulent tous les jours, d'autres ne circulent que
certains jours de la semaine. Quand on n'est pas à un jour près, il
peut-être utile d'avoir l'horaire de trains Trains at a glance™ (à
préférer aux autres horaires, on n'est pas à 10Rps près) pour avoir la
liste de tous les trains allant d'un point à un autre, afin de voir si un
horaire plus arrangeant n'existerait pas pour la veille ou le lendemain.
Cependant, la lecture des tables présente des difficultés théoriques. En
effet, les trains longue distance n'arrivent souvent pas le jour où il sont
partis : si on envisage de monter dans un train le matin après qu'il aura
circulé de nombreuses heures, on le prendra au Day 2
, et
les indications de jour de la semaine doivent être décalées de 1 pour
savoir quel jour on pourra prendre le train. Ajouter à cela le fait que les
trains sont classés par grands tronçons, le circuit d'un train peut occuper
plusieurs pages. Est-ce que les indications de jours de la semaine
s'applique au jour de départ ou au jour d'arrivée sur la page que l'on
consulte. Mystère et boule de gomme. Par ailleurs, il est un général
préférable de monter dans un train vers le début de son circuit plutôt que
vers la fin : sinon, on pourrait subir les retards accumulés depuis le
début. Alors qu'on s'en rend compte d'un seul coup d'œil avec l'horaire de
trains, il est moins évident d'obtenir la même information avec le site
Internet à moins de cliquer sur le bouton Show Route
pour chacun des
trains, ce qui peut prendre un temps fou à cause des problèmes de connexion.
Bref, je pense que je continuerai à investir dans de
nouvelles éditions de Trains at a glance.
Un autre obstacle se pointe : l'expiration de la session. Une trop
grande indécision, l'envie de faire quelque chose d'autre le temps que la
connexion vienne à s'établir, et c'est l'échec : Your session
has expired.
.
Une fois le train sélectionné, ce n'est pas fini. Il faut remplir un formulaire en indiquant son nom, son sexe, son âge, sa préférence en matière de positionnement (couchette du haut/milieu/bas, etc).
Le Graal est proche, mais une dernière épreuve attend le candidat : le
paiement. En réalité, c'est un labyrinthe qui apparaît. Comme souvent en
Inde, les questions sérieuses n'ont pas d'uniques réponses satisfaisantes
(pour un autre exemple, voir le
deuxième passage d'Un garçon convenable
que je cite dans ma critique
de ce livre). Il faut ainsi choisir entre une multitude de plateformes
de payement. Jusqu'à il y a une semaine, je cliquais sur le premier
choix : la banque ICICI. Je saisissais les informations relatives à ma
carte Visa et cela fonctionnait. La semaine dernière, l'aide du labyrinthe
semblait dire que cela ne marchait que pour les cartes indiennes. Bizarre,
je clique ensuite sur HDFC (banque dont les distributeurs automatiques ont
réussi à faire quelque chose de ma carte). Hier matin, pour un deuxième
billet, j'ai donc retenté HDFC, et là, bien que les informations que j'ai
rentrées fussent vraisemblablement correctes, cela n'a pas marché.
Curieusement, en plus des informations habituelles, il fallait rentrer le
Cardholder's name
, fallait-il taper JOEL RIOU
,
RIOU JOEL
plutôt que MR JOEL RIOU
comme je le fis la fois
précédente avec succès, mystère et boule de gomme. Heureusement, dans ce
labyrinthe, de nouvelles options semblent apparaître
à chaque fois qu'une autre s'évanouit dans un pouf de logique. J'ai
ainsi pu choisir avec succès Axis
, qui prétend accepter toutes les
cartes Visa, fussent-elles étrangères.
Pour le moment, j'ai un billet Kolkata-Bhubaneshwar et un Puri-Vijayawada. Après-demain, je m'attaque au Vijayawada-Hospet. Entre Hospet (Hampi) et les environs d'Hyderabad, j'utiliserai principalement des bus, il me restera à prendre un billet de train pour Mumbai (trajet que j'interromperai sans doute pour passer à nouveau à Jalgaon ou à Aurangabad). Je pense aussi prendre des trains pour visiter Bishnupur qui se trouve à quelques heures de Kolkata, mais apparemment, il faut attendre J-10 pour réserver ces trains de jour (IRCTC, c'est un peu comme Unix, pour savoir si on a le droit de faire quelque chose, la seule manière de procéder est d'essayer, si ça marche, c'est qu'on doit avoir des droits suffisants...).
⁂
agastya.toonywood.org, le serveur qui héberge ce blog, en
est à son six-centième jour consécutif d'uptime !
2008-04-27 23:59+0200 (Orsay) — Voyage en Inde V
Je viens de constituer un fichier permettant de repérer avec Google Maps les différentes villes que j'ai visitées en Inde ou que j'envisage de visiter prochainement :
Si on sélectionne une ville, une liste de liens vers les entrées de blog la mentionnant et une photographie apparaissent.
Pour visionner cela dans Google Earth, il suffit de charger le fichier KML ci-lié.
2008-04-09 21:10+0200 (Orsay) — Voyage en Inde V
Depuis le retour de mon quatrième voyage en Inde, je pense au prochain. Cela se concrétise progressivement. J'ai acheté mes billets d'avion en novembre dernier. J'ai fait ma demande de visa lundi dernier. Je viens de récupérer le précieux sésame. Dans quelques semaines, je pourrai commencer à réserver mes billets de train pour quelques uns de mes déplacement en Inde, puisque mon voyage commencera vers la fin du mois de juillet. Mon vol aller (sur Air India) a Mumbai pour destination ; de là, je prendrai un autre avion pour Kolkata. J'ai prévu de passer par le Bengale occidental, l'Orissa, l'Andhra Pradesh, le Karnataka et enfin le Maharashtra avant de prendre mon vol retour. Si mon parcours inclura certainement Kolkata, Puri, Bhubaneshwar et Konarak, les trois principaux sites touristiques de l'Orissa, providentiellement très proches les uns des autres, Tirumala, Hampi et Hyderabad, il me reste encore à préciser un peu les étapes intermédiaires, les numéros des trains à prendre, etc.
⁂
La procédure de demande de visas indiens depuis la France a changé le premier février 2008. C'est maintenant une entreprise, VFS Global, qui est chargée de la collecte des demandes de visas 1, mais c'est bien sûr toujours l'ambassade de l'Inde à Paris qui les traite. Peut-être que le contraste est moins marqué lors des périodes de grande affluence, mais il est dorénavant presque devenu agréable de faire une demande de visa. Cependant, concernant le coût, il faut ajouter 12€ de frais.
Situé au 42, rue de Paradis, les locaux, plutôt vastes, offrent de nombreux sièges permettant d'attendre son tour. Ces sièges étant harmonieusement disposés, l'attente est plus confortable qu'à l'ambassade. Après avoir franchi la porte coulissante, une ou plusieurs personnes contrôlent que les demandeurs ont les pièces nécessaires, que les photos sont bien collées ; une fois que tout semble en ordre, un numéro d'attente leur est remis. S'il manque une photocopie ou que les photographies ne sont pas collées sur le formulaire, le quidam est envoyé dans un coin où il peut trouver de la colle, un photomaton et une photocopieuse. La présence de tubes de colle m'a aussitôt fait penser aux bureaux de poste indiens où, les timbres n'étant pas autocollants, il y a toujours un récipient muni d'une mouillette servant à recueillir un peu d'un fluide visqueux n'ayant guère le caractère des choses qui collent.
Je n'ai pas eu à attendre plus d'une vingtaine de minutes avant de me voir attribuer un guichet où je puisse déposer ma demande de visa. L'employée s'est excusée de ce que sa collègue de l'accueil m'eût fait faire une photocopie superflue de mon formulaire et y coller une photographie. J'ai payé par carte, ce qui n'était pas possible à l'ambassade.
Petit bémol : le site Internet
n'est pas très bien fait. Il laisse entendre que pour remplir le
formulaire, il faut passer par le formulaire en ligne, ce qui n'est pas
vrai. Ce qui est plus pénible, c'est que ce formulaire (visant à produire
un formulaire rempli téléchargeable au format PDF) est complètement buggé.
Après avoir l'avoir rempli consciencieusement, j'ai cliqué sur Submit
et me suis pris un message d'erreur Please enter A valid characters (sic)
. Ne voyant pas ce que
mes caractères pouvaient bien avoir d'invalides si on excepte le tréma de mon
prénom, j'ai dû fouiner dans le
source JavaScript pour comprendre que la ponctuation, les virgules,
chiffres, tirets et autres caractères anodins étaient interdits. Quand il
est demandé de donner des details sur les précédents
séjours en Inde en utilisant environ une septantaine de caractères au
maximum, la contrainte ci-dessus devient vraiment pénible si on veut
mentionner qu'on n'a pas uniquement bénéficié de visas touristiques dans le
passé.
Malgré tout, il y a aussi du bon du côté du site Internet puisqu'il permet de suivre la progression du traitement de la demande. Dès lundi soir, j'ai pu voir que mon dossier avait été transmis à l'ambassade de l'Inde. Mardi soir, j'ai su que je pouvais passer récupérer mon passeport à partir de mercredi, un jour de mieux que le délai qui m'avait été donné.
⁂
Je dispose maintenant d'un visa de tourisme valable jusqu'au 7 avril
2013. Jusqu'à cette date, je n'ai pas besoin de demander un visa à chaque
fois pourvu que je ne séjourne pas plus de 3 mois de suite en Inde. La
limitation à 3 mois est assez étonnante, puisque le visa standard est
valable six mois. Je n'ai pas trouvé de source officielle (si ce n'est
celles émanant de l'entreprise VFS Global) au sujet cette limitation à
trois mois, mais cela m'importe peu puisque cela devrait me suffire très
largement. Je me suis un peu plus inquiété de la mention Registration
required within 14 days of arrival in India for visas valid for more than
180 days
. Après avoir épluché le site
du bureau of immigration, je crois avoir compris que
je n'aurai pas de formalité supplémentaire à faire, à moins que je ne
veuille rester plus que 180 jours de suite en Inde (en revanche, pour un
séjour de N jours avec N compris entre 90 et 180, c'est mystère et boule de
gomme). En tout cas, le temps est révolu où, selon Alexandra
David-Néel, chacun de nous pouvait parcourir la terre à son
gré
.
[1] Dans certaines situations très particulières, il faut s'adresser directement à l'ambassade.
Date de génération : 2008-07-22 23:27+0200