2013-04-08 23:38+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Culture indienne
J'ai déjà eu l'occasion de revenir sur les concerts des Solistes des Berliner Philharmoniker. Les fabuleux concerts de l'Orchestre de Paris avec Leonidas Kavakos (concerto de Sibelius) feront l'objet d'un prochain billet. En attendant, voici le vite dit d'avril, récapitulant mes impressions sur les autres spectacles vus au cours du mois :
Théâtre des Champs-Élysées — 2013-04-04
Luc Héry, violon solo
Orchestre national de France
David Afkham, direction
Atmosphères, György Ligeti
Till Fellner, piano
Concerto pour piano nº3 et ut mineur op 37 (Beethoven)
Roméo et Juliette, extraits (Prokofiev)
Mes dernières expériences de spectateur avec l'Orchestre National de France dataient d'il y a deux ans et étaient très contrastées. Ce concert m'a réconcilié avec cet orchestre et permis d'entendre Maria Chorokoliyska, la merveilleuse contrebassiste solo de l'orchestre dont l'engagement est impressionnant. Elle me consolerait presque de la retraite prise par Bernard Cazauran de l'Orchestre de Paris. Si j'ai pu la voir, c'est en raison des bruyants scolaires qui m'ont gâché l'audition de Atmosphères de Ligeti : entre deux œuvres, le temps que le piano soit installé, je me suis replacé du côté opposé ce qui me permit de voir les contrebasses, et de ne pas en détourner mon regard, mon cou douloureux étant immobilisé par un torticolis...
Je me suis amusé de ce que le troisième concerto pour piano de Beeethoven commence par les trois mêmes notes que le thème de l'Offrande musicale (do-mi♭-sol). L'orchestre était tellement agréable à écouter que j'ai été surpris par l'entrée du piano... Les extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev furent irrésistible ! Le chef David Afkham s'est même offert la fantaisie de se recoiffer pendant La Mort de Tybalt.
Le concert était précédée d'une Appoggiature
animée par Clément
Lebrun et agrémentée d'extraits musicaux joués par les musiciens de
l'orchestre. Il est suffisamment rare que l'on parle de musique (et pas
uniquement des musiciens) pendant les exposés musicologiques précédant
certains concerts pour que ce soit signalé.
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Amphithéâtre de la Cité de la musique — 2013-04-06
Blandine Rannou, clavecin
Variations Goldberg, BWV 988, Johann Sebastian Bach.
J'ai été très déçu par ce concert. L'Aria des Variations
Goldberg m'a paru tellement interminable que je me demandais si
l'interprète cherchait à battre un record de lenteur. L'interprétation de
Blandine Rannou a en effet duré un peu moins d'une heure quarante (à
comparer aux 1h18 de Pierre Hantaï, 1h24 d'Evgeni Koroliov et aux 37
minutes de Glenn Gould en 1959). D'une part, la lenteur n'aide pas à
maintenir l'attention des spectateurs (j'ai faibli autour de la vingtième
des trente variations) ; d'autre part, plus on joue lentement plus les
couacs se font entendre distinctement. Il y en a eu un certain nombre... Le
plus frappant est intervenu au début de la 14e variation : après
une ou deux mesures, l'interprète est tout simplement revenue au début. Si
j'ai pris assez peu de plaisir pendant ce concert, j'ai toutefois trouvé
que la 23e variation avait été jouée de façon vraiment
remarquable. Étrangement, un spectateur a lancé un Bravo
à la fin de
la 25e ; pensait-il que le concert était terminé ? À partir de
ce moment-là, des spectateurs inquiets de la durée imprévue du concert ont
commencé à s'enfuir un peu bruyamment pour rejoindre l'autre salle de la
Cité de la musique où le concert suivant du Marathon Bach allait
commencer...
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Centre Mandapa — 2013-04-11
Aurélie Oudiette, danse kathak
Pandit Jaikishan Maharaj, Isabelle Anna, chorégraphies
J'ai décidé au dernier moment d'aller voir ce récital d'Aurélie Oudiette
et je ne l'ai pas regretté ! Depuis un récital d'Isabelle
Anna et Anuj Mishra, j'espérais voir un récital de kathak résolument
tourné vers la narration, une composante de la danse privilégiée par les
interprètes féminines. Cet espoir a été exaucé. La première pièce
Vandaran Shantha Vishnu représentait Vishnu et Lakshmi et
comportait certainement le plus beau visuel du récital avec la
représentation de Vishnu couché sur le serpent Shesha, l'accent était
particulièrement mis sur l'épithète Padmanabha
indiquant que de son
nombril émerge un lotus (sur lequel se tient Brahma). Les mouvements
ondulatoires des mains qui semblent assez utilisés dans la danse pure en
kathak trouvent ici une merveilleuse expression quand il s'agit d'évoquer
le cordon ombilical ou la tige de ce lotus. Cette pièce comme la plupart
des autres était enchaînée à des passages de danse pure sur une musique
rythmique (parfois solfiée) sur des cycles variés (Tîntal, Japtal,
Chautal). La pièce suivante a évoqué Krishna (tenant le mont Govardhana à
la force d'un seul doigt ou portant le disque). Un changement de costume
est intervenu avant la deuxième partie du récital d'inspiration moghole,
plus tournée vers la séduction que les thèmes sacrés. Une pièce mettra
ainsi en scène une courtisane, une autre évoquera les amours de Krishna et
Radha et enfin une troisième évoquera une femme espiègle et séductrice qui
insupporte son mari en faisant tinter ses bracelets. Le récital s'est
terminé avec une pièce de danse pure dans laquelle Isabelle Anna prononçait
les syllabes rythmiques sur lesquelles les mouvements de la danseuse
s'appuyaient. Le cycle rythmique était Chautal (12 temps). Si les temps forts
étaient au début marqués de façon très nette, avec une virtuosité d'autant
plus grande que l'on s'approchait de la fin des cycles rythmiques, les
développements successifs ont mis en lumière des variations très complexes
et nettement moins évidentes à suivre !
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Salle Pleyel — 2013-04-13
Quatuor Hagen
Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons
Veronika Hagen, alto
Clemens Hagen, violoncelle
Quatuor à cordes nº15 (Beethoven)
Quatuor à cordes nº8 “Razumovski” (Beethoven)
Salle Pleyel — 2013-04-14
Quatuor Hagen
Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons
Veronika Hagen, alto
Clemens Hagen, violoncelle
Quatuor à cordes nº11 “Quartetto serioso” (Beethoven)
Quatuor à cordes nº10 “Les Harpes” (Beethoven)
Quatuor à cordes nº6 (Beethoven)
Salle Pleyel — 2013-04-14
Quatuor Hagen
Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons
Veronika Hagen, alto
Clemens Hagen, violoncelle
Quatuor à cordes nº9 “Razumovski” (Beethoven)
Quatuor à cordes nº13 (Beethoven)
Grande Fugue, op. 133 (Beethoven)
J'ai assisté à ces trois premiers concerts de l'intégrale Beethoven par le quatuor Hagen. J'en ressors émerveillé par la variété de la production du compositeur en la matière. Le quatuor Hagen m'a tout particulèrement ému pendant les mouvements lents, comme la première moitié Adagio du quatrième mouvement du Quatuor nº6 ou le Molto Adagio du Quatuor nº8 “Razumovski”. Lors du premier concert, j'ai été bluffé par l'unité du quatuor que je n'ai plus vraiment regardé, mais seulement écouté comme s'il s'agissait d'un unique instrument.
Une partie public s'est montré particulèrement grossière lors du concert du samedi soir. Les tousseurs sont une plaie. On peut presque s'estimer heureux quand les toux se concentrent entre les mouvements ; c'est un moindre mal. Cependant, il est inacceptable qu'à la fin d'un mouvement lent les hordes de toux se déclenchent sur le silence de fin alors que les archets des musiciens sont encore en contact avec les cordes... Le concert du dimanche matin s'est passé dans de bonnes conditions, mais la première moitié de celui de l'après-midi m'a été rendue insupportable par les ronflements du spectateur situé derrière moi, et ce pendant toute la durée du quatuor nº9 “Razumovski”. Replacé à l'arrière-scène pour le quatuor nº13, j'ai pour la première fois entendu le bruit de fond de la salle Pleyel. C'est un bruit irrégulier assez déplaisant (ventilation, canalisations, appareils électronico-mécaniques ?). D'après mes expérimentations plus récentes en Salle Pleyel, cela ne s'entend que depuis l'arrière-scène pendant les passages les plus doux.
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Opéra Garnier — 2013-04-14
Jochen Schmeckenbecher, Peter
Irmgard Vilsmaier, Gertrud
Daniela Sindram, Hänsel
Anne-Catherine Gillet, Gretel
Anja Silja, Die Knusperhexe
Elodie Hache, Sandmännchen
Olga Seliverstova, Taumännchen
Claus Peter Flor, direction musicale
Mariame Clément, mise en scène
Julia Hansen, décors et costumes
Philippe Berthomé, éclairages
Mathieu Guilhaumon, chorégraphie
Orchestre de l'Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris
Hänsel und Gretel, Humperdinck
La musique de Humperdinck sauve cette soirée. Le compositeur a manifestement bien écouté Wagner dont quelques effets orchestraux sont réutilisés dans Hänsel et Gretel. Parfois, j'ai presque eu l'impression d'entendre des citations de Wagner. Le problème de cette production est que les conceptrices du spectacle n'ont pas tenu du compte du fait que l'Opéra Garnier était un théâtre à l'italienne. N'ayant vu que les deux-tiers de gauche de la scène, il m'a néanmoins semblé que la mise en scène de Mariame Clément fait des aventures des deux enfants un rêve dans lequel leur mère (ou belle-mère ?) apparaît en sorcière. Pourquoi pas, mais visuellement sans être affreux, tout est assez laid et la réalisation n'est pas très convaincante. Les chanteurs, comédiens et figurants (doublant ou triplant les personnages) sont comme enfermés dans les compartiments du décor à deux étages. La seule scène que j'ai trouvée assez bien faite a été celle où Hänsel et Gretel commencent à manger la maison en pain d'épices de la sorcière, mais j'ai ressenti comme un décalage entre l'intellectualisation de l'histoire sous forme de rêve et le style un peu naïf de certains décors ou costumes. Bref, tout cela n'est pas très enthousiasmant...
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Salle Pleyel — 2013-04-16
Orchestre Colonne
Laurent Petitgirard, direction
Traverses (Prodromidès)
Viktoria Kogan, direction
Variations sur un thème de Paganini (Rachmaninov)
Symphonie nº5 (Tchaikovski)
Encore un magnifique concert de l'Orchestre Colonne. L'œuvre contemporaine, choisie avec goût comme toujours avec cet orchestre, était de Prodrominès. Elle alterne passages de tension et passages de relâchement. J'apprécie ensuite l'étendue du talent de la pianiste Viktoria Kogan dans les Variations sur un thème de Paganini de Rachmaninov. Après l'entr'acte, l'orchestre s'est déchaîné dans la Cinquième symphonie de Tchaikovski dont j'ai particulièrement apprécié les trois derniers mouvements. Pendant tout le concert, un musicien de l'orchestre m'a sidéré : un grand bravo au clarinettiste !
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Opéra Garnier — 2013-04-17
Élèves de l'école de danse de l'Opéra
Orchestre des Lauréats du Conservatoire
Marius Stieghorst, direction musicale
Jean-Philippe Rameau, musique (extrait des Indes Galantes, 1735)
Béatrice Massin, Nicolas Paul, chorégraphie
Olivier Bériot, costumes
Madjid Hakimi, lumières
Valentin Chou
D'ores et déjà
Charles Gounod, musique (extrait de l'acte V de Faust, 1859)
Claude Bessy, chorégraphie d'après Léo Staats
Madjid Hakimi, lumières
Roxane Stojanov, Hélène
Nine Seropian, Cléopâtre
Awa Joannais, Phrynée
Camille Bon, Aspasie
Clara Spitz, Laïs
La Nuit de Walpurgis
Maurice Pacher, musique
Jacques Garnier, chorégraphie (1979) réglée par Wilfried Romoli
Christian Pacher, accordéon diatonique
Gérard Baraton, accordéon chromatique
Marin Delavaud, Julien Guillemard, Pablo Legasa
Aunis
Gioacchino Rossini, musique (Sonate nº1 en sol majeur, extraits des Sonates nº3 en do majeur, nº4 en si bémol majeur, nº5 en mi bémol majeur pour cordes, 1804)
Jean-Guillaume Bart, chorégraphie (2000)
Philippe Binot, costumes
François-Éric Valentin, lumières
Péchés de jeunesse
Plutôt que des ballets narratifs comme Coppélia ou Piège de
lumière présentés ces dernières années par les élèves de l'école
de danse dans des programmes comportant aussi des pièces moins classiques
ou néo-classiques, on n'aura vu dans ce programme que des pièces de
danse pure
, certes fort bien exécutées, mais qui me laissent
globalement assez indifférent. D'ores et déjà est une pièce pour
garçons : comme exercice d'appropriation du langage de la danse baroque
pour les élèves, elle est intéressante, mais en tant que ballet présenté
dans un spectacle, elle manque singulièrement de consistance... Les filles
s'illustrent par le placement et quelques variations dans La Nuit de
Walpurgis. Seul Aunis me convainc par l'engagement des trois
danseurs et des deux accordéonistes dans cette pièce très vive. Malgré tout
le bien que je pense de Jean-Guillaume Bart en tant que chorégraphe pour la
La Source, je n'ai pas été excessivement
enthousiasmé par les balanchiniens Péchés de jeunesse. On y voit
des couples de danseurs, qui s'illustrent dans des pas de deux comportant
des portés, mais il ne suffit pas qu'un homme et une femme se rencontrent
pour qu'un ballet raconte une histoire...
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Salle Pleyel — 2013-04-18
Académie du Chœur de l'Orchestre de Paris
Lionel Sow, direction
Margot Modier, piano
Pauline Amar, Charlotte Bozzi, Sterenn Gourlaouen, Lauriane Launay, Anne-Sophie Petit, Juliette Rennuit, Marion Trigo, Louise Vanderlynden, sopranos
Lola Dauthieux, Julie Nemer, Sarah-Léna Winterberg, altos
Maxence Douez, ténor
Timothée Sonnier, basse
Spanisches Liederspiel, op. 74, nº1, nº3, nº8(Schumann)
Drei sweistimmige Lieder, op. 43 (Schumann)
Zwölf Gedichte aus “Liebesfrühling” (Rückert) (Schumann)
Lieder-Album für die Jugend, op. 79, nº9, nº15, nº18, nº20, nº24 (Schumann)
Drei Lieder, op. 114, nº2 (Schumann)
Sommerruh, WoO7 (Schumann)
Mädchenlieder, op. 103 (Schumann)
Drei Gedichte nach Emanuel Geibel, op. 29, nº1, nº2 (Schumann)
En prélude au concert de l'Orchestre de Paris avait lieu le premier concert de l'Académie du Chœur de l'Orchestre de Paris dirigé par Lionel Sow. Bien que le programme fût 100% Schumann, une publicité plus importante n'aurait pas été superflue puisqu'à peine une cinquantaine de spectateurs ont assisté à ce beau concert de 12 chanteuses et 2 chanteurs.
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Salle Pleyel — 2013-04-18
Philippe Aïche, violon solo
Orchestre de Paris
Alondra de la Parra, direction
Capriccio espagnol, suite pour orchestre, op. 34 (Rimski-Korsakov)
Nikolaï Lugansky, piano
Concerto pour piano nº2 en fa mineur, op. 21 (Chopin)
Le Tricorne, suites orchestrales nº1 et nº2 (Manuel de Falla)
Danzón nº2 (Arturo Márquez)
Quelle idée saugrenue d'insérer un concerto de Chopin dans un tel programme ! Si j'ai aimé le deuxième mouvement du concerto, par le jeu varié de Lugansky et le doux accompagnement de l'orchestre, l'intérêt principal du concert venait des œuvres hispanisantes ou mexicaines. L'orchestre est dirigé par la jeune chef Alondra de la Parra. S'il n'y a rien de remarquable à ce que sa main droite batte régulièrement la mesure, il est plus singulier pour un chef que l'ensemble de son être paraisse à ce point animé par la musique que ses manifestations extérieures ne semblent qu'un prolongement d'une animation plus intérieure. La chef danse sur son estrade ! Si elle faisait du bharatanatyam, je dirais qu'elle est aussi douée en danse pure qu'en abhinaya, l'art de l'expression (dans lequel excelle aussi le chef Andris Nelsons). Quel regard ! Dans la deuxième partie du programme, l'orchestre se déchaîne, d'abord dans Le Tricorne, et surtout dans l'irrésistible Danzón nº2 d'Arturo Márquez.
Ailleurs : Paris — Broadway, Andante con anima, Palpatine.
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Opéra Bastille — 2013-04-19
Gustav Mahler, musique
John Neumeier, chorégraphie, décor et lumières (1975)
Kevin Haigen, Victor Hughes, assistants du chorégraphe
Madjid Hakimi, réalisation lumières
Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris
Simon Hewett, direction musicale
Aline Martin, mezzo soprano
Alessandro Di Stefano, chef de chœur
Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris
Mathieu Ganio, Laëtitia Pujol
Vincent Chaillet, Alessio Carbone, Cyril Mitilian, Fabien Révillion, Florian Magnenet, Vincent Cordier
Charline Giezendanner, Muriel Zusperreguy, Eve Grinsztajn, Laura Hecquet, Nolwenn Daniel
Troisième Symphonie de Gustav Mahler
Il a fallu attendre le dernier tableau Ce que me conte l'amour pour j'apprécie véritablement ce spectacle grâce au superbe pas de deux entre Mathieu Ganio et Laëtitia Pujol. Alors que j'étais installé au fond du deuxième balcon, j'ai vu vers 19h29 un groupe de scolaires entrer. La très intelligente régie de l'Opéra a bien sûr coupé les lumières pour les empêcher de trouver leur place. Cela a complètement pourri les premières minutes du premier mouvement de la Troisième symphonie de Mahler, lequel a des proportions inquiétantes. Je n'ai pas accroché à cette musique. Je suis en effet écartelé entre diverses sensations contradictoires et simultanées : une oreille me signale une danse joyeuse, une autre des gloussements des instruments à vents, tandis qu'une marche militaire tente d'entraîner le corps entier dans une agitation martiale. Je n'avais pas vu l'entrée au répertoire de ce ballet de Neumeier en 2009, mais si je n'ai pas été émerveillé par ce ballet, j'ai trouvé que l'œuvre était bien montée, avec des danseurs qui semblent totalement investi dans leurs rôles abstraits. Parmi eux, Charline Giezendanner m'a paru particulièrement convaincante.
On dit parfois que le silence à la fin de Mozart est aussi de Mozart. Ce soir, le silence à la fin de Mahler n'était pas de Mahler. Même l'accord final ne lui appartenait plus. Je ne comprends pas qu'une proportion aussi importante du public soit aussi peu respectueuse de la musique pour applaudir un rideau en train de descendre...
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Salle Pleyel — 2013-04-24
Académie de l'Orchestre de Paris
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Chloé Dufossez, flûte
Olivier Marger ou Aurélien Pascal, violoncelle
Mayoko Surayya Salloum, piano
Trois chansons madécasses pour flûte, mezzo, violoncelle et piano (Ravel)
Khoa-Nam Nguyen, Lev Bogino, violons
Issey Nadaud, alto
Rémi Carlon, violoncelle
Quatuor à cordes en la mineur, 1889 (Sibelius)
Salle Pleyel — 2013-04-25
Académie de l'Orchestre de Paris
Quatuor Tosca
Constance Ronzatti, Marc Desjardins, violons
Marine Gandon, alto
Armance Quéro, violoncelle
Quatuor à cordes en la mineur, op. 51 nº2 (Brahms)
Avant d'assister aux deux représentations du programme Ravel/Sibelius/Brahms de l'Orchestre de Paris, je suis allé aux deux courts concerts donnés en prélude mercredi et jeudi. J'ai été très convaincu de l'interprétation des chansons madécasses de Ravel dont le texte, à défaut d'être complètement intelligible, l'était davantage que lorsque j'avais entendu pour la première fois cette œuvre il y a quelques mois. Le violoncelliste m'a beaucoup plu, mais son nom me restera inconnu, puisque comme la semaine précédente, il y a des coquilles dans la fiche de distribution. Les jeunes musiciens interprétant le quatuor de Sibelius étaient convaincants, mais dans l'ensemble j'avais l'impression d'entendre trop le premier violon et le violoncelle au détriment du second violon et de l'alto qui avaient un très beau son. Le quatuor Tosca (qui n'était exceptionnellement féminin qu'aux trois quarts) est plus avancé et m'a fait passer un très bon moment, en particulier dans les premier et quatrième mouvements du quatuor à cordes op. 51 nº2 de Brahms.
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Théâtre des Champs-Élysées — 2013-04-26
Orchestre de chambre de Paris
Ivor Bolton, direction
Divertissement en fa majeur nº10 (Mozart)
Gidon Kremer, violon
Polonaise pour violon et orchestre en si bémol majeur (Schubert)
Konzertstück pour violon et orchestre en ré majeur (Schubert)
Maria Fedotova, flûte
Impromptu pour flûte, violon et orchestre à cordes (Sofia Gubaidulina/Schubert)
Andante et Rondo pour flûte et orchestre en ut majeur (Mozart)
Symphonie nº104 en ré majeur (Haydn)
Ce concert aurait été épouvantablement ennuyeux s'il n'y avait eu avant l'entr'acte l'adaptation pour flûte, violon et orchestre à cordes par la compositrice Sofia Gubaidulina de l'Impromptu en la bémol mineur op. 90 nº4 de Schubert et en fin de programme la symphonie nº104 de Haydn. J'ai beaucoup aimé la flûtiste Maria Fedotova qui passait parfois à la flûte alto dans l'œuvre de Gubaidulina/Schubert. La transcription de la première phrase pour la flûte plutôt que tout autre instrument me rappelait de façon amusante la Badinerie de Bach. Dans la symphonie nº104 de Haydn, j'ai aimé retrouver certains détails auxquels j'avais déjà goûté, mais d'autres ont été un peu noyés dans le volume orchestral. L'orchestre jusque là apathique jouait vraiment. J'eusse aimé qu'ils jouassent comme ça pendant tout le concert et de façon plus engagée encore dans cette symphonie, puisque cette nouvelle audition ne m'a pas procuré un plaisir plus grand qu'avec l'Orchestre des Concerts Gais. Cela faisait quatre ans que je n'avais pas vu le chef Ivor Bolton. Je vais sans doute attendre encore quelques années avant de retenter l'expérience...
2013-05-03 21:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne — Planning
Voici mon programme de spectacles pour le mois de mai :
2013-04-28 21:36+0200 (Orsay) — Culture — Musique
Salle Pleyel — 2013-04-20
Solistes des Berliner Philharmoniker
Olaf Maninger, violoncelle
Sunwook Kim, piano
Sonate pour violoncelle et piano nº1 en mi bémol, op. 38 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Amihai Grosz, alto
Zvi Plesser, violoncelle
Sunwook Kim, piano
Quatuor pour piano et cordes nº3 en ut mineur, op. 60 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Christoph Streuli, violon
Amihai Grosz, alto
Zvi Plesser, violoncelle
Wenzel Fuchs, clarinette
Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 (Brahms)
Salle Pleyel — 2013-04-21
Solistes des Berliner Philharmoniker
Wenzel Fuchs, clarinette
Zvi Plesser, violoncelle
Alexei Volodin, piano
Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur, op. 114 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Alexei Volodin, piano
Sonate pour violon et piano nº2 en la majeur, op. 100 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Amihai Grosz, alto
Olaf Maninger, violoncelle
Alexei Volodin, piano
Quatuor pour piano et cordes nº2 en la majeur, op. 26 (Brahms)
Ces deux concerts faisant partie de l'intégrale berlinoise de la musique de chambre de Brahms étaient les derniers bénéficiant de la participation du violoniste Guy Braunstein (cf. mes billets sur les épisodes #1 & #2 et #3 & #4).
Dans ces deux concerts, je retiens deux moments forts. Le premier a été l'interprétation du quintette pour clarinette et cordes à la fin du premier concert. Cette interprétation m'a semblé avoir plus de relief que celle entendue il y a quelques semaines à la Cité de la musique. Cette fois-ci, j'ai été passionné parce que j'entendais depuis le tout début (et la première intervention du clarinettiste Wenzel Fuchs...) jusqu'à la fin. J'ai particulièrement apprécié la façon qu'ont eu les musiciens très engagés d'accentuer un passage du quatrième mouvement Con moto en assumant complètement ses airs de musique populaire, et donc en frappant assez franchement leurs pieds contre le sol.
L'autre grand moment a été pour moi l'interprétation du quatuor avec piano nº2 joué à la fin du deuxième concert du week-end. Pour écouter cette œuvre, j'avais fui l'arrière-scène et la proximité d'une chaussure féminine qui se frottait trop souvent au plancher pour rejoindre le tout premier rang à peu près au niveau de l'ourlet du pantalon du violoniste. L'audition de cette œuvre me procura un immense plaisir ! Le deuxième mouvement Poco adagio fut pour moi et mes glandes lacrymales d'une beauté insoutenable. Dans le quatrième, j'ai aimé le duo amoureux auquel se livraient le violoniste Guy Braunstein et l'altiste Amihai Grosz qui se faisaient face, un duo arbitré par le regard bienveillant du violoncelliste Olaf Maninger qui était au centre, entre eux et l'excellent pianiste Alexei Volodin.
Ailleurs : Paris — Broadway.
2013-04-07 16:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne
Centre d'animation de la Place des Fêtes — 2013-04-05
Surya & Vanishree, bharatanatyam
Kalaimmamani MK Saroja, chorégraphies
Muthuswamy Pillai, chorégraphie de Jatiswaram Mallika
Sangeeta Isvaran, chorégraphie de Bho Shambho
Vidya, adaptation des chorégraphies pour duo
Geneviève Motard, lecture des textes
Subramanyam Kautwam
Mathura Mathura
Jatiswaram Mallika
Netrandi Neretille
Bho Shambho
Yen Palli Kondir
Tillana Mohana
N'étant pas disponible pour la deuxième représentation de ce programme prévue au Centre Mandapa le 20 avril, j'ai fait la connaissance des escalators géants de la Place des Fêtes pour voir ce duo de bharatanatyam au Centre d'animation voisin. La présentation de ce spectacle est très soignée. Chaque pièce est introduite par une lecture convaincante des textes poétiques qui seront illustrés sur scène. Le nom des chorégraphe est aussi donné. Toutes ces informations sont d'ailleurs dans la feuille distribuée à l'entrée. Sur le papier, le programme était vraiment très alléchant. Je m'attendais à être bouleversé, mais je n'ai trouvé ce spectacle que bon. En effet, comme pour le spectacle de Priya Venkataraman vu il y a quelques jours, les deux danseuses Surya et Vanishree ne dansent ensemble pour ainsi dire que dans les pièces de danse pure ; le duo introductif Subramanyam Kautwam était le seul duo comportant une part narrative. Les chorégraphies prévues pour une danseuse soliste ont été adaptées pour un duo par Vidya. Ce travail d'adaptation est néanmoins assez intéressant. Le plus souvent, les deux danseuses exécutent les mêmes mouvements, mais le duo explore diverses combinaisons de symétries. Parfois, elles sont côte à côte et exécutent exactement les mêmes mouvements, parfois c'est comme s'il y avait un miroir au milieu de la scène. D'autres fois, l'une est de face tandis que l'autre est de dos. Les symétries sont parfois pensées dans le temps plutôt que dans l'espace, une danseuse exécutant les mêmes mouvements que l'autre avec un retard volontaire, comme en écho. Ces pièces de danse pure sont rafraîchissantes et les mouvements des bras et des mains, très affutés, sont parfaitement synchronisés avec la musique.
Je n'ai pas été totalement convaincu par les pièces ayant une composante narrative. Les chorégraphies font davantage allusion à des épithètes caractérisant les divinités qu'elles ne racontent une histoire ayant une certaine unité. Les strophes choisies évoquent en un nombre réduit de mots de nombreux faits associés à une divinité. D'une part certains vers sont répétées ce qui induit des répétitions (avec des variations) dans la chorégraphie, et d'autre part il est difficile à la danseuse de représenter tout ce que dit le texte de façon convaincante. J'ai eu le sentiement que beaucoup d'éléments narratifs étaient présents de façon trop furtive dans les chorégraphies. Alors que je connais très bien les histoires qui étaient racontées, bien souvent je n'étais pas tout à fait sûr de savoir où on en était... Ces difficultés, qui viennent à mon avis davantage des chorégraphies que des interprètes, se posaient moins dans les pièces dansées par Vanishree que dans celles dansées par Surya (Netrandi Neretille mettant en scène les amours de Murugan et Yen Palli Kondir évoquant Vishnu par l'image du dieu couché sur le serpent Ananta et par les exploits de son avatar Rama). Dans Mathura Mathura dansé par Vanishree, j'ai aimé l'apparition de l'archer Kama, le dieu de l'amour qui était nommé Madana dans le texte chanté. J'ai été tout étonné de reconnaître les gestes de mains qui signifient que les yeux de Krishna sont la soleil et la lune. Parmi les originalités de la chorégraphie ou de son interprétation, j'ai apprécié que la danseuse approfondisse la pose traditionnelle représentant Krishna comme flûtiste. Je crois en effet que c'est la première fois que je vois une danseuse agiter délicatement ses doigts pour mieux signifier que Krishna joue d'une flûte.
La pièce la plus convaincante du récital était à mon avis Bho Shambho, dansée par Vanishree. Je suis toujours ravi d'entendre cette musique en hommage à Shiva dans un récital de bharatanatyam. Je pense avoir déjà vu des chorégraphies et interprétations illustrant de façon plus frappante l'aspect viril de cette divinité. Toutefois, je me suis délecté des passages évoquant son tambour Damaru, son œil foudroyant, la descente de la déesse fluviale Ganga, etc. La fin de la pièce dans laquelle la danseuse tourne rapidement sur elle-même en récapitulant les divers aspects de Shiva était très impressionnante.
2013-04-04 00:07+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne — Planning
Voici mon programme de spectacles pour le mois d'avril :
2013-04-01 16:06+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse
Au cours du mois de mars j'ai déjà eu l'occasion de développer mes impressions sur le concert de Romain Guyot et du Chamber Orchestra of Europe, sur leur Don Giovanni et sur le programme de bharatanatyam de Priya Venkataraman. Pour les autres spectacles vus au cours du mois, voici le vite dit de mars :
Opéra Garnier — 2013-03-06
Hommage à Rudolf Noureev
Orchestre Colonne
Fayçal Karoui, direction musicale
Polonaise, extraite de l'acte I du Lac des cygnes (Tchaikovsky)
Ballet de l'Opéra
Les Élèves de l'École de Danse
Piotr Ilyitch Tchaikovski, musique
Rudolf Noureev, chorégraphie (1985)
Nicholas Georgiadis, costumes
Myriam Ould-Braham, Christophe Duquenne
Casse-Noisette (La marche des enfatns, extrait de l'acte I, deuxième tableau, Pas de deux extrait de l'acte I, cinquième tableau)
Piotr Ilyitch Tchaikovski, musique
Rudolf Noureev, chorégraphie (1989) d'après Marius Petipa
Franca Squarciapino, costumes
Aurélie Dupont, Audric Bezard, Vincent Chaillet, Stéphane Phavorin, Yann Saïz
La Belle au Bois dormant (Adage à la Rose, Pas de cinq extrait de l'acte I)
Sergueï Prokofiev, musique
Rudolf Noureev, adaptation et chorégraphie (1986) d'après Marius Petipa
Hanae Mori, costumes
Marie-Agnès Gillot, Florian Magnenet
Cendrillon (Pas de deux extrait de l'acte II)
Ludwig Minkus, musique
John Lanchberry, arrangements
Rudolf Noureev, chorégraphie (1981)
Elena Rivkina, costumes
Ève Grinsztajn, Vincent Chaillet (Fandango)
Ludmila Pagliero, Karl Paquette (Pas de deux)
Don Quichotte
Alexandre Glazounov, musique
Rudolf Noureev, chorégraphie (1983) d'après Marius Petipa
Nicholas Georgiadis, costume
Isabelle Ciaravola
Raymonda (Variation de Raymonda extrait de l'acte III)
Piotr Ilyitch Tchaikovski, musique
Rudolf Noureev, chorégraphie (1984) d'après Marius Petipa et Lev Ivanov
Franca Squarciapino, costumes
Émilie Cozette, Hervé Moreau (Adage du pas de deux extrait de l'acte II)
Dorothée Gilbert, Mathieu Ganio, Benjamin Pech (Pas de trois)
Le Lac des Cygnes
Sergueï Prokofiev, musique
Rudolf Noureev, chorégraphie (1984)
Ezio Frigerio, Mauro Pagano, costumes
Laëtitia Pujol, Nicolas Le Riche
Roméo et Juliette (Pas de deux extrait de l'acte I)
Piotr Ilyitch Tchaikovski, musique
Rudolf Noureev, chorégraphie (1979)
Nicholas Georgiadis, costume
Mathias Heymann
Manfred (Variation du Poète extrait du quatrième tableau)
Ludwig Minkus, musique
John Lanchberry, arrangements
Rudolf Noureev, chorégraphie (1992) d'après Marius Petipa
Franca Squarciapino, costumes
Agnès Letestu, Stéphane Bullion
La Bayadère (Les Ombres, extraits de l'acte III)
Il m'est difficile de commenter ce spectacle de danse puisque mon placement ne me permettait de voir qu'une petite moitié de la scène. Ce que j'ai vu m'a peu enthousiasmé. Je crois que j'aime trop la danse narrative pour être intéressé par ces extraits sortis de tout contexte dramatique. Avant l'entr'acte, je ne suis guère intéressé que par les extraits de Don Quichotte, qui à défaut d'émouvoir émerveillent par la vivacité des danseurs, notamment Ève Grinsztajn, et Ludmila Pagliero. Après l'entr'acte, il faudra que Nicolas Le Riche (Roméo) et Laëtitia Pujol (Juliette) entrent en scène pour que je me passionne pour ce qui se passait sur scène. Une ovation méritée pour eux, tout comme pour Mathias Heymann que le public était heureux de revoir, enfin ! La présence de l'acte des Ombres de La Bayadère au programme m'avait fait adopter une tenue toute indienne pour cette soirée de gala. Vu de biais, la descente des trente-deux ballerines perd quelque peu de ses vertus géométriques, mais ce fut un passage émouvant tout comme le pas de deux entre Agnès Letestu et Stéphane Bullion.
Dans l'Orchestre Colonne, j'ai particulièrement aimé les interventions conjointes des harpes et des flûtes. J'ai aussi entendu un superbe solo de violoncelle. L'interprète n'étant pas dans mon chant de vision, je me suis mis sur la pointe des pieds pour l'apercevoir, et bien sûr il s'agissait de la violoncelliste que j'avais tant appréciée lors d'un précédent concert Colonne.
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Salle Pleyel — 2013-03-15
London Symphony Orchestra
Frank Strobel, direction
Jurassic Park (Thème) (John Williams)
Les Dents de la mer (Suite) : Thème du requin, En mer et Fugue de la cage du requin (John Williams)
La Liste de Schindler : Nº2 Ville juive, Nº1 Thème (John Williams)
Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (Suite) : Extraits nº1, 3, 4 (John Williams)
Les Aventuriers de l'arche perdue : La Marche des aventuriers (John Williams)
Hook : Vol vers le Pays imaginaire (John Williams)
La Guerre des mondes : La Fuite de la ville, Épilogue (John Williams)
Rencontres du troisième type (Extraits) (John Williams)
L'Empire du soleil : La nouvelle vie de Jim (John Williams)
Le Terminal : L'Histoire de Viktor Navorski (John Williams)
E. T. : Aventures sur terre (John Williams)
Munich (John Williams)
1941 (John Williams)
Star Wars Theme (John Williams)
Les musiques de films de John Williams de la première partie de ce concert du London Symphony Orchestra m'étaient familières, et m'ont procuré le sentiment de retomber en enfance. Le Thème du requin des Dents de la mer était particulièrement impressionnant, et la fugue particulièrement délectable, tout comme, plus loin les apparitions d'abord fugitives puis indiscutablement spectaculaires du thème d'Indiana Jones. Avec la deuxième partie, je découvre des titres de films de Spielberg que je ne connaissais pas. Si tous les extraits vidéo montrés pendant le concert ne m'incitent pas à visionner ces films (surtout 1941, joué en bis), les musiques m'ont toutes beaucoup plu. Je n'osais trop y croire puisque le thème du concert était Williams/Spielberg et non Williams/Lucas, mais en troisième bis, l'orchestre a joué la musique de Star Wars pour le plus grand plaisir de tous les auditeurs !
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Opéra Comique — 2013-03-17
Pascal Rophé, direction musicale
Ludovic Lagarde, mise en scène
Antoine Vasseur, décors
Fanny Brouste, costumes
Sébastien Michaud, lumières
Lidwine Prolonge, vidéo
Élodie Dauguet, assistante décors
Julian Janeczko, assistant vidéo
Christophe Manien, assistant chef d'orchestre
Anna Caterina Antonacci, Contessa Susanna, Elle
Vittorio Prato, Conte Gil
Bruno Danjoux, Sante
Orchestre Philharmonique du Luxembourg
Il Segreto di Susanna, Ermanno Wolf-Ferrari
La Voix humaine, Francis Poulenc
À l'écoute de l'ouverture du Secret de Susanne, je me suis
dit : Non, ce n'est pas possible, Minkus a écrit un opéra. Au
secours !
. Par la suite, la façon de mettre le texte en musique me fait
davantage penser à Puccini. À défaut d'être bouleversante, la musique me
semble luxueusement bien jouée par l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg
dont j'ai tout particulièrement apprécié les instruments à vents.
L'histoire de cet opéra est inintéressante au possible. Un opéra de
boulevard... Le secret de Susanne est qu'elle fume, son mari s'imagine
qu'elle le trompe avec un homme, car seul un homme pourrait fumer,
pense-t-il. Toutefois, autant le texte que la mise en scène laissent une
part de doute sur le rôle du valet, ne partage-t-il avec Susanna que son
addiction pour le tabac ? Le rôle du mari est très bien chanté par le
baryton Vittorio Prato.
Anna Caterina Antonacci est l'artiste lyrique que j'ai vue le plus souvent en concert. Quatorze fois ! La première fois était il y a presque dix ans dans Agrippina de Händel au Théâtre des Champs-Élysées. Ces dernières années, mes expériences d'auditeurs la concernant ont été contrastées (pour le meilleur et pour le pire). Mes dernières impressions sur Les Troyens était mitigées. Dans la salle à taille plus humaine de l'Opéra Comique, j'ai l'impression de la retrouver en pleine possession de ses moyens ! Quand la chanteuse bascule en français pour La Voix humaine de Poulenc après l'entr'acte, elle achève de me convaincre. Jamais je ne l'ai entendue chanter un texte français de façon aussi intelligible. Il n'était plus nécessaire de lire surtitres pour se laisser émouvoir par l'évolution du drame jusqu'à sa conclusion avec la terminaison de la conversation téléphonique de l'héroïne.
Tout comme dans la production d'Orphée et Eurydice que j'avais vue à la MC93 Bobigny, le décor représente un appartement moderne dont on peut voir l'héroïne parcourir les différentes pièces puisque le décor peut tourner sur lui-même. Voilà à peu près l'unique idée que j'aie distinguée dans la mise en scène...
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Salle Pleyel — 2013-03-18
Klangforum Wien
Neue Vocalsolisten Stuttgart
Tito Ceccherini, direction
Daniele Pollini, piano
Carnaval nº10 Lascia vibrare (Salvatore Sciarrino)
Carnaval nº11 Stanze della pioggia (Salvatore Sciarrino)
Carnaval nº12 Liuto senza corde (Salvatore Sciarrino)
Maurizio Pollini, piano
Sonate pour piano nº30 en mi majeur op. 109 (Beethoven)
Sonate pour piano nº31 en la bémol majeur op. 110 (Beethoven)
Sonate pour piano nº32 en ut mineur op. 111 (Beethoven)
Ne raffolant pas des récitals pour piano, j'ai trouvé bienvenue la forme de ce concert. En première partie, un orchestre a joué trois œuvres de musique de chambre contemporaines de Salvatore Sciarrino. La première m'a beaucoup plu du fait de l'utilisation d'un chœur de quelques chanteurs solistes dont les voix se mêlent très harmonieusement. Quelle justesse ! La musique repose sur l'utilisation de glissandi par les instruments qui le permettent (les violoncelles, les trombones, les voix). Quoique le matériau musical y soit un peu trop délayé à mon goût, j'apprécie les idées développées dans le deuxième morceau, purement instrumental. Un thème très reconnaissable de quatre notes (dont les deux dernières sont liées dans un glissando) revient fréquemment au violoncelle. J'aime la direction très claire de Tito Ceccherini (dont la tête me disait quelque chose, et pour cause : il dirigeait Reigen il y a quelques semaines de cela). Toutefois, le volume sonore produit par l'effectif orchestral très réduit aurait pu trouver meilleur écrin que la volumineuse Salle Pleyel. Les petits bruits des spectateurs (sans même parler des toux) perturbent quelque peu l'audition de cette œuvre.
La deuxième partie du concert m'a donné à entendre le pianiste Maurizio Pollini dans les sonates nº30, 31 et 32 de Beethoven. Je n'avais jamais entendu de sonates de Beethoven en concert. Ce fut pour moi une expérience très réjouissante. Que j'aime la façon dont ce pianiste fait ressortir la pulsation de cette musique !
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Salle Pleyel — 2013-03-19
Orchestre Philharmonique de l'Oural
Dmitri Liss, direction
Suite pour orchestre nº3 (Tchaikovski)
Chœur Symphonique de l'Oural
Yana Ivanilova, soprano
Alexander Timchenko, ténor
Pavel Baransky, basse
Les Cloches, op. 35 (Rachmaninov)
J'avais choisi ce concert de l'Orchestre Philharmonique de l'Oural parce que La Nuit sur le mont Chauve de Moussorgsky était programmée. Le programme du concert a été chamboulé. Je découvre la Suite pour orchestre nº3 de Tchaikovski, qui à défaut de me bouleverser maintient mon intérêt du fait de sa forme très variée : une atmosphère pastorale au tout début, la mise en valeur des altos et du cor anglais, une superbe fugue et une fin hydravionesque très bien amenée (un mix entre l'Arlésienne de Bizet et la Polonaise d'Eugène Onéguine du même Tchaikovski).
Le concert n'était pas surtitré, j'ignore le sens du texte russe (traduit d'une œuvre d'Edgar Allan Poe) que le chœur et les solistes ont chanté après l'entr'acte. Cela n'a pas nui à mon plaisir d'écouter la musique des Cloches de Rachmaninov comme s'il s'agissait d'une mystérieuse féerie musicale. Cela valait le déplacement ne serait-ce que pour les interventions du cor anglais en arrière-plan dans la partie chantée par la basse.
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Salle Pleyel — 2013-03-21
Philippe Aïche, violon solo
Orchestre de Paris
Paavo Järvi, direction
Symphonie nº1 (Dutilleux)
Concerto pour violon nº2 (Bartók)
Gil Shaham, violon
Gavotte en rondeau de la Partita nº3 en mi majeur, BWV 1006, Bach
Symphonie nº1 en ut majeur, opus 21 (Beethoven)
Je ne m'attendais pas à ce que la Première Symphonie de Beethoven soit
le point culminant de ce concert ! Pourtant, le chef Paavo Järvi
(exceptionnellement sans partition) et l'orchestre de Paris étaient
réjouissants comme jamais. L'enthousiasme unanime de tous les musiciens ne
faisait nullement obstacle à l'appréciation des joyeux détails
d'orchestration de cette œuvre. Avant cela, le concert avait déjà fort bien
commencé avec la Première Symphonie de Dutilleux. Les partitions que
j'apercevais depuis ma place comportaient de nombreuses ratures,
corrections et annotations, comme un REGARDEZ Cymb
manuscrit écrit
en gros sur celles des percussionnistes. Dans le concerto pour violon nº2
de Bartók, dans lequel j'ai quelques difficultés à percevoir une structure,
le violoniste Gil Shaham a été très convaincant...
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Opéra Comique — 2013-03-22
Kate McGarry, Desdémone
Bunny Sigler, Othello
Jacques Bonnaffé, Iago
Uri Caine, piano
Achille Succi, clarinette
Darryl Hall, basse
Nguyên Lê, guitare
Alain Venkenhove, trompette
Nicolas Geremus, violon
Sangoma Everett, batterie
Le Syndrome d'Othello
Après avoir assisté à cette représentation du Syndrome
d'Othello, je crois pouvoir dire que le jazz n'est pas exactement fait
pour moi... Du point de vue narratif, ce spectacle inspiré par
Otello de Verdi est très décevant. Le texte chanté par Bunny
Sigler (Othello) et Kate McGarry (Desdémone) semble sans rapport évident
avec l'histoire qui ne semble qu'un prétexte. Je dis semble
parce
que le concert n'était pas surtitré. Le texte parlé ou slammé en français
par Jacques Bonnaffé (Iago), s'il était parfois assez drôle et décalé,
était trop souvent complètement incompréhensible, sa voix étant couverte
par le petit orchestre qui produisait un son du tonnerre (pourquoi donc
amplifier les musiciens ? pendant les premières minutes du spectacle j'ai
cru que mes oreilles allaient exploser !). Comme spectacle dénué de sens,
ce Syndrome d'Othello est toutefois loin d'être déplaisant, les
musiciens semblant très bons, le pianiste Uri Caine, le trompettiste Alain
Venkenhove et le guitariste Nguyên Lê étant particulièrement
impressionnants. Je n'ai pas perçu toutes les références dans la musique,
mais j'aurai au moins reconnu une référence incongrue à En passant par
la Lorraine (avec mes sabots...). Un passage particulièrement beau
utilisait une musique arabisante comportant quelques glissandi jouée par le
violoniste Nicolas Geremus. On trouve même un morceau atonal pendant la
scène du meurtre, au cours de laquelle les protagonistes ne sont pas sur
scène. En revanche, le public des premiers rangs dont je faisais partie
aura eu tout le loisir d'admirer l'interminable suicide d'Othello, pour
lequel le showman Bunny Sigler a curieusement passé un
achkan (dans les mêmes style et coloris que ce que je portais pour
le Gala Noureev...).
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Opéra Garnier — 2013-03-27
Yannis Pouspourikas, direction musicale
Orchestre Colonne
Ballet de l'Opéra
Jacques Prévert, argument
Joseph Kosma, musique originale
Roland Petit, chorégraphie (1945) réglée par Luigi Bonino
Pablo Picasso, rideau de scène
Brassaï, décors
Mayo, costumes
Jean-Michel Désiré, lumières
Jan Broeckx, assistant du chorégraphe
Amandine Albisson, La plus belle fille du monde
Alexandre Gasse, Le jeune homme
Stéphane Phavorin, Le destin
Hugo Vigliotti, Le bossu
Peggy Dursort, La fleuriste
Claire Gandolfi, Jennifer Visocchi, Les filles
Samuel Murez, Le lanceur de tracts
Sophie Mayoux, Antonio Conforti, Carola Puddu, Milo Avêque, Les enfants qui s'aiment
Florent Mélac, Alexis Saramite, Axel Alvarez, Niccolo Balossini, Les garçons
Pascal Aubin, Le chanteur
Anthony Millet, L'accordéoniste
Le Rendez-vous
Jean Anouilh, Georges Neveux, argument
Henri Dutilleux, musique originale
Roland Petit, chorégraphie (1953)
Carzou, décors et costumes
Jean-Michel Désiré, lumières
Jean-Philippe Halnaut, répétitions
Émilie Cozette, La jeune fille
Stéphane Bullion, Le loup
Sabrina Mallem, La Bohémienne
Christophe Duquenne, La jeune homme
Alexis Saramite, Le montreur de bêtes
Natacha Gilles, La mère
Le Loup
D'après la nouvelle de Prosper Mérimée
Georges Bizet, musique arrangée par G. Tommy Desserre
Roland Petit, chorégraphie (1946) réglée par Luigi BOnino
Antoni Clavé, décors et costumes
Jean-Michel Désiré, lumières
Jean-Philippe Halnaut, répétitions
Eleonora Abbagnato, Carmen
Nicolas Le Riche, Don José
Audric Bezard, Escamillo
Valentine Colasante, François Alu, Mathieu Botto, Les Chefs des brigands
Carmen
Les héros de la soirée sont l'Orchestre Colonne et Eleonora Abbagnato, merveilleuse interprète du rôle de Carmen, nommée étoile à l'issue de la représentation. Le ballet Le Rendez-vous est tellement insipide que mon attention est totalement concentrée sur la fosse d'orchestre. Au cours de la soirée, les musiciens ont paru très engagés et les solistes se sont brillamment illustrés (notamment les vents, la trompette et le superbe premier violon, Sébastien Surel, identifié par Klari). Dans Le Loup, entre deux coups d'œil vers la fosse d'orchestre, je regardais ce qui se passait sur scène (et cela piquait un peu les yeux). On passe un bon moment grâce à Sabrina Mallem (La Bohémienne) et Sébastien Bullion (Le Loup). Je sais que le pas de deux entre le Loup et la jeune fille peut être plus émouvant, je me rappelle avoir vu Laëtitia Pujol dans ce rôle... mais j'avoue avoir été presqu'ému par Émilie Cozette.
J'ai adoré le ballet Carmen que je n'avais pas encore vu. Pour ce qui est de la danse, il est très supérieur à mon goût aux deux ballets présentés avant l'entr'acte. Si Nicolas Le Riche (Don José) et Audric Bezard (Escamillo) ont été superbes dans les rôles masculins, c'est bien sûr Eleonora Abbagnato (Carmen) qui m'a fait apprécier ce ballet ! Quelle présence ! Je ne retiens pas le bruit de ses pointes frappant le sol, plutôt le râle qui se fait entendre dans ses pas de deux avec Nicolas Le Riche. Pour une argumentation plus construite, il faut lire le billet chez Impression danse. J'ai rarement été autant ému par la représentation d'un ballet à l'Opéra ! J'ai été très heureux qu'Eleonora Abbagnato soit nommée danseuse étoile à l'issue de la représentation.
⁂
Salle Pleyel — 2013-03-30
Orchestre national d'Île de France
Ann-Estelle Médouze, violon supersoliste
Enrique Mazzola, direction
Nicolas Southon, présentation
Ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg (Wagner)
Murmures de la forêt (extrait de Siegfried) (Wagner)
Nora Gubisch, mezzo-soprano
Wesendonck Lieder (Wagner)
Voyage de Siegfried sur le Rhin (extrait du Crépuscule des Dieux (Wagner)
Prélude de Tristan et Isolde (Wagner)
Ouverture de Tannhäuser (Wagner)
Ce n'est pas vraiment le meilleur Wagner que j'aie entendu, mais cela n'a pas excessivement gâché mon plaisir d'auditeur, n'ayant pas plus d'une ou deux occasions par an d'entendre ce type de programmes. L'Orchestre national d'Île de France était très beau dans les passages délicats (superbes oiseaux dans les murmures de la forêt), mais nettement moins clair dans les fortissimi, notamment vers la fin de l'ouverture de Tannhäuser qui semblait assez délicate à négocier pour les cordes. Dans cette ouverture, je retiens toutefois une belle superposition entre le chœur des pélerins par les cuivres et le Vénusberg par les cordes. (Était-il vraiment nécessaire d'inclure des mini-conférences sur Wagner pendant ce concert ? Surtout si c'était pour entendre des bêtises à propos de la création parisienne de Tannhäuser...) Je n'ai pas été très ému par Nora Gubisch dans les Wesendonck Lieder ; il est difficile de me faire oublier Nina Stemme...
2013-03-31 21:41+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne
Espace Reuilly — 2013-03-31
Priya Venkataram et ses danseurs, bharatanatyam
Malari
Vidyadhara
Ashtapati
Anandanatanaprakash
Tillana
J'ai assisté pour la première fois à un spectacle de ballet de danse bharatanatyam, organisé par l'Ambassade de l'Inde, qui a réussi à rassembler plus de deux cents personnes à l'Espace Reuilly. Le nombre de saris et de shalwar-kameez dans le public donnerait presque l'illusion que le spectacle a lieu en Inde.
Habituellement, un spectacle de bharatanatyam est le récital d'une danseuse unique. Idéalement, la présence de plusieurs interprètes devrait permettre de faire incarner chaque personnage par un interprète différent, au lieu qu'une unique danseuse passe d'un personnage à un autre en permanence. J'ai une méfiance a priori pour les spectacles de danse indienne mettant en scène plusieurs danseurs ou danseuses en raison de la difficulté de réunir des danseurs et danseuses dont le talent soit aussi homogène qu'excellent, et non seulement dans la danse pure comme ce sera le cas dans le programme de cet après-midi mais aussi dans l'art de l'expression et de la narration...
Le spectacle présenté par le groupe de trois danseurs et quatre danseuses (parmi lesquelles Priya Venkataraman) m'a à la fois satisfait et déçu. La seule pièce véritablement narrative a été la troisième Ashtapati qui présente la coquette Radha éprise de Krishna, mais c'est un solo ! Mes espoirs de voir la multiplicité des interprètes utilisée pour soutenir la narration sont décus. À peine entrée en scène dans une pose typiquement féminine, Priya Venkataraman se métamorphose en Krishna...
Dans les autres pièces, les danseurs font essentiellement ce que l'on appelle de la danse pure, sur une musique essentiellement rythmique. La première pièce Malari et la quatrième Anandanatanaprakash évoquent des thèmes shivaïtes sans être tout à fait narratives. Les mouvements des danseurs et danseuses sont synchronisés ou asymétriques et leur placement sur scène est précis. Cela me rappelle parfois des scènes du corps de ballet de l'Opéra de Paris... Les danseuses mettent l'accent sur les poses typiquement féminines, ce que ne font pas les danseurs dont la danse aurait sans doute pu être plus masculine pour la représentation de Shiva.
Dans ce qu'ils font, les sept danseurs et danseuses sont très convaincants, quoique cela reste de la danse pure et que les mudras ne soient pas toujours exécutés de la même façon par les différents interprètes, tel doigt étant tendu chez l'une et replié chez l'autre. La fin de la première pièce est particulièrement saisissante : sur une musique dont la partie vocale est un shloka, un danseur et une danseuse représentent de très belle façon le couple Shiva-Parvati.
À mon avis, la plus belle pièce de ce programme a été la quatrième intitulée Anandanatanaprakash (?). Il y est encore question de Shiva, mais d'une façon un peu plus approfondie. J'ai l'habitude de voir les divers attributs de Shiva représentés par une seule danseuse. Dans ce programme, les différents aspects (le chignon tressé, son regard foudroyant, son tambour, sa danse, le croissant de lune, etc) peuvent prendre la forme de tableaux humains élaborés. Le plus beau à mon goût est celui qui représente la descente de la rivière Ganga. Trois danseuses sont sur scène. La première représente Ganga sautant du chignon de Shiva, tandis que les deux autres représentent l'écoulement de la rivière depuis les montagnes jusqu'à la plaine. Le texte chanté de la musique enregistrée et les interprètes ont également montré Shiva comme Seigneur des Arts : la poésie, la musique, la danse, la sculpture. Je me serais presque cru dans Apollon musagète.
Comme la deuxième pièce Vidyadhara qui comportait de la danse pure par différentes combinaisons de danseurs sur des musiques aux cycles rythmiques différents, la dernière pièce est un Tillana assez développé mettant en valeur les qualités individuelles et collectives des danseurs dans des mouvements rythmiques sans sens apparent. Il a fallu attendre la fin de ce Tillana pour voir une brève évocation de Krishna sur une musique mélodique dans laquelle le chanteur prononçait le nom des notes (Sargam).
Ce fut un fort beau spectacle (un peu court, à peine plus d'une heure et demie, entr'acte compris), mais j'attends davantage d'émotions d'un programme de bharatanatyam...
2013-03-27 15:08+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra
Auditorium de Dijon — 2013-03-24
Edwin Crossley-Mercer, Don Giovanni
Josef Wagner, Leporello
Diana Higbee, Donna Anna
Michael Smallwood, Don Ottavio
Timo Riihonen, Le Commandeur
Ruxandra Donose, Donna Elvira
Camille Poul, Zerlina
Damien Pass, Masetto
Marie Buffet, Suivante de Donna Elvira
Bertille Lucarain, Charlotte Mignot, Figurantes
Élèves du Pôle d'Enseignement Supérieur de la Musique de Bourgogne, bandas
Élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional de Dijon, danseurs
Gérard Korsten, direction musicale
Jean-Yves Ruf, mise en scène
Anaïs de Courson, collaboration à la mise en scène
Laure Pichat, scénographie
Claudia Jenatsch, costumes
Christian Dubet, lumières
Caroline Marcadé, chorégraphie
Cécile Kretschmar, maquillage, masques et coiffures
Lucie Hermand, assistanat aux costumes
Yvon Repérant, chef de chant, claveciniste continuiste
Mihály Zeke, chef de chœur
Maurizio Prosperi, pianiste répétiteur
Thierry Aveline, CUTFX, vidéo
Atelier Prelud, Ateliers de l'Opéra de Dijon, réalisation des décors
Atelier Caraco Canezou, Ateliers de l'Opéra de Dijon, réalisation des costumes
Thomas and Neel, création des surtitres
Bärenreiter, éditeur des partitions
Chamber Orchestra of Europe
Chœur de l'Opéra de Dijon
Don Giovanni (version de Prague), Mozart
J'ai assisté dimanche à mon quatrième Don Giovanni. J'avais adoré cette œuvre lorsque je l'avais découverte au TCE en 2010. En 2012 à l'Opéra Bastille, j'avais apprécié la mise en scène de Michael Haneke malgré la pesanteur de l'interprétation musicale. Il y a quelques semaines à Budapest, mon plaisir est davantage venu de ma visite du Magyar Állami Operaház que de la représentation de cet opéra, quoiqu'il me parût alors très bien chanté.
Dimanche après-midi avait lieu à Dijon la deuxième représentation d'une nouvelle production de Don Giovanni. Dès l'ouverture, on sent que c'est le Chamber Orchestra of Europe qui est dans la fosse, dirigé par Gérard Korsten. Néanmoins, il est à noter qu'il y avait un travail sur le son des cordes pour que cela sonne un peu baroque. Bien souvent, je me surprenais à entendre des détails de phrasés très finement ciselés !
Tous les chanteurs m'ont paru très bons. J'ai a-do-ré Edwin Crossley-Mercer en Don Giovanni. Les autres chanteurs masculins m'ont tous semblé très convaincants. Michael Smallwood dont le rôle de Don Ottavio reste assez discret pendant le premier acte se révèle au deuxième acte dans le magnifique air Il mio tesoro infanto ! Du côté des dames, mes plus grandes émotions sont venues de Diana Higbee (Donna Anna), dont les airs m'ont beaucoup ému. J'ai aimé Camille Poul dans l'adorable rôle de Zerlina. Il y avait une sorte de fragilité dans la voix de Ruxandra Donose, mais plutôt qu'elles soient dissimulées, il n'était à mon avis pas malvenu que les fêlures du personnage d'Elvira se manifestent ainsi. Voilà une très belle équipe de chanteurs assez jeunes : Damien Pass (Masetto) était à l'Atelier Lyrique de l'Opéra de Paris il y a à peine deux ans...
À part les premières minutes de l'opéra qui se passent devant le rideau de scène, l'action est située sur un décor de verdure en pente irrégulière. Cela fait un peu peur au premier coup d'œil, mais cet espace est très habilement occupé par la mise en scène et il paraît tout à fait approprié pour la fête paysanne en l'honneur de Zerlina et Masetto. Les mouvements des membres du chœur tout comme ceux des solistes s'opèrent de façon très fluide et naturelle, ce qui conforte l'impression que l'action de Don Giovanni est sans aucun temps mort : un numéro musical est à peine terminé que le suivant arrive comme un prolongement naturel du précédent, autant pour les oreilles que pour les yeux.
Dans la mise en scène, j'ai particulièrement aimé certains détails qui
éclairent le texte qui est chanté. Ainsi, pendant l'air du catalogue
que Leporello chante à Elvira, il dit de son maître que sa passion
prédominante, c'est la jeune débutante
. À ce moment-là, par ses
mouvements candides, la jeune suivante d'Elvira attire l'attention du
spectateur, en une sorte de prémonition de ce qui se passera au second
acte.
L'idée que le metteur en scène Jean-Yves Ruf explique dans sa note d'intention est de faire de Don Giovanni un personnage errant. Vu le décor utilisé, il apparaît donc tout naturel que le Commandeur soit invité à un dîner sur l'herbe... Les dernières scènes de l'opéra étaient magnifiquement éclairées. Avant cette invitation à dîner, le cortège funèbre du Commandeur était passé avec un grand encensoir. Si les vapeurs d'encens ont indisposé quelques spectateurs des premiers rangs, elles ont surtout contribué à créer une pénombre vaporeuse de toute beauté pour l'apparition du Commandeur sur son piédestal pour sa mise en garde à Don Giovanni.
Pour la mort de Don Giovanni, si l'on excepte le rouge sang projeté sur la chemise blanche du malheureux, la mise en scène a été plutôt sobre. En effet, la partie spectaculaire était tout naturellement confiée à l'orchestre qui se l'est appropriée avec le talent qu'on lui connaît ! Quand le Commandeur est censé frapper à la porte de Don Giovanni, on entend un terrifiant son de cordes. Ceci prépare les oreilles du spectateur aux retrouvrailles avec les rugissants coups de timbales déjà entendus dans l'ouverture. Cet accompagnement musical tout Cihohiësque de l'intervention du Commandeur contribue à faire de ce passage une des scènes d'opéra les plus impressionnantes auxquelles j'aie eu l'occasion d'assister !
Le moins que l'on puisse dire est que je ne regrette pas le déplacement à Dijon pour cette représentation de Don Giovanni et le concert de la veille !
Cette production va faire l'objet d'une captation qui sera diffusée sur medici.tv à partir du 30 mars avant de sortir en DVD...
2013-03-26 11:09+0100 (Orsay) — Culture — Musique
Auditorium de Dijon — 2013-03-23
Chamber Orchestra of Europe
Lorenza Borrani, direction musicale
Romain Guyot, clarinette
Concerto pour orchestre à cordes (Bernd Aloïs Zimmermann)
Concerto pour clarinette en la majeur, KV 622 (Mozart)
Suite en sol majeur pour orchestre à cordes (Schönberg)
Symphonie nº5 en si bémol majeur (Schubert)
Le Chamber Orchestra of Europe est indiscutablement un orchestre qui mérite que l'on prenne un avion ou un train pour aller l'écouter. Les musiciens doivent prendre des avions et des trains, descendre dans des hôtels, alors pourquoi pas les spectateurs ?
La première œuvre du programme présenté à l'Auditorium de Dijon entre deux représentations de Don Giovanni est de B. A. Zimmermann, un compositeur du vingtième siècle dont je n'ai jusque là entendu aucune œuvre. Je suis ému par l'atmosphère toute intériorisée créée par les deux premiers mouvements de son concerto pour orchestre à cordes dans lesquels se développe un contrepoint réparti entre les différents groupes d'instruments et les solistes. Le rythme prend nettement le dessus dans le troisième mouvement bartóko-stravinskien. C'est violent comme Le Sacre du Printemps et les magnifiques solos du premier violon Lorenza Borrani rappellent Bartók, par exemple.
Que dire du concerto pour clarinette de Mozart interprété par Romain
Guyot ? Il s'agit pour moi d'un de ces moments exceptionnels comme ceux que
j'avais décrits dans un billet intitulé Pourquoi donc
continuer à aller inlassablement assister à des spectacles ? ou Ádám Banda
à la Cité de la musique
ou pour revenir à ma première rencontre
avec le COE, leur extraordinaire Symphonie Pastorale
de Beethoven. Je n'avais pas bu la moindre goutte d'alcool avant de
venir, et pourtant l'écoute de ce concerto m'a littéralement rendu ivre de
plaisir. Dans les deux premiers mouvements, j'ai été avant tout captivé par
la clarinette de Romain Guyot et la façon dont il faisait dialoguer sa
clarinette avec elle-même en la tournant à gauche pour la voix aiguë et à
droite pour la voix grave ! Au début de l'Adagio, Romain Guyot
venait à peine de jouer le thème que mes yeux débordaient de larmes. Ne
sentant plus ma respiration, le temps me semblait comme suspendu. Dans le
troisième mouvement, j'ai davantage écouté l'orchestre qui m'a semblé
particulièrement fabuleux. Si la combinaison soliste/orchestre était
merveilleuse, il faut également souligner le qualité de l'écoute du public
et l'excellente acoustique de la salle. Le silence du public était absolu
avant et après l'Adagio ! Dans d'autres salles aux acoustiques
réputées comme la Cité de la musique, le public a beau être silencieux
avant le début d'un mouvement, j'ai toujours la sensation d'entendre un
léger bruit de fond que je trouve assez déplaisant. Dans l'auditorium de
Dijon, j'ai eu l'impression d'entendre un silence comme je n'en ai connu
que la nuit sur des collines isolées de la
Forêt-Noire. À vrai dire, même quand les spectateurs applaudissent en
cadence pour réclamer un bis, cela se sent que l'acoustique du lieu est
exceptionnelle...
Après l'entr'acte, remis de mes émotions, l'orchestre joue la Suite en sol majeur pour orchestre à cordes de Schönberg. Un des bienfaits de la programmation de cette œuvre (et du concerto de Zimmermann aussi) est de donner un avant-goût très appétissant de ce que pourra être une interprétation de La Nuit transfigurée par le Chamber Orchestra of Europe. Cette œuvre-ci est joyeusement austère. Quand elle se fait espiègle, on ne peut pas complètement oublier l'austérité (tonale cependant) de la musique, et le discours musical dont le découpage en mouvements constrastés fait retomber la tension ne me permet pas d'atteindre les mêmes niveaux d'intensité émotionnelle que La Nuit transfigurée. Une belle découverte, cependant. Et une fin délicieusement caractéristique du syndrome de l'hydravion. Eh oui, même Schönberg !
Au début de mon écoute de la Symphonie nº5 de Schubert, j'ai eu comme l'impression d'entendre une symphonie de Mozart. Je me délecte des interventions du hautboïste Kai Frömbgen et de la flûtiste Clara Andrada de la Calle qui semble prendre beaucoup de plaisir à écouter l'orchestre quand elle ne joue pas ! Si j'ai aimé le joyeux premier mouvement, les deux suivants m'ont paru plus austères, peut-être trop rigoureusement structurés à mon goût (cela manque de surprises). Cela dit, le quatrième et dernier mouvement, vu la façon vivifiante dont il a été interprété, je l'ai adoré !
Tout cela m'a furieusement donné envie d'aller à Edimbourg en août. Acheté un billet pour la Symphonie concertante de Haydn pour violon, violoncelle, hautbois et basson dirigée par Yannick Nézet-Séguin avec un beau quatuor de solistes made in COE. Je réfléchirai après...
2013-03-10 22:42+0100 (Orsay) — Culture — Musique
Entre la Salle Pleyel et la Cité de la Musique, les concertivores parisiens ont eu il y a dix jours quatre occasions d'entendre les musiciens berlinois. Les tarifs de l'Orchestre Philharmonique de Berlin à Pleyel étant un peu élevés ― un jour™ j'irai les écouter à Berlin ― je me suis contenté des deux derniers concerts donnés à la Cité de la musique :
Cité de la musique — 2013-03-01
Emmanuel Pahud, flûte
Paul Meyer, clarinette
Marie-Pierre Langlamet, harpe
Daishin Kashimoto, violon
Maja Avramović, violon
Amihai Grosz, alto
Raphaël Pidoux, violoncelle
Introduction et Allegro (Ravel)
Prélude à l'après-midi d'un faune (Debussy, arrangement de Fabrice Pierre)
Sonate pour flûte, alto et harpe (Debussy)
Quintette pour clarinette et cordes (Brahms)
L'effectif de musiciens pour ce concert de musique de chambre était assez original. À cinq musiciens issus du Philharmonique de Berlin se sont joints le clarinettiste Paul Meyer et le violoncelliste Raphäel Pidoux, ce qui donne un quatuor à cordes augmenté d'une harpe, d'une flûte et d'une clarinette. Si l'œuvre de Ravel jouée en premier m'a plu, j'ai surtout adoré l'interprétation de la réduction du Prélude à l'après-midi d'une faune de Debussy, une réduction pour huit instruments, la harpiste jouant aussi à quelques occasions d'un mini-instrument à percussions dont j'ignore le nom. C'était la première fois que j'entendais le flûtiste Emmanuel Pahud en concert, cela fait un certain effet...
L'œuvre jouée ensuite, la sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy ne m'a pas passionné, mais je me suis délecté du jeu de l'altiste Amihai Grosz. J'ai le sentiment de n'avoir écouté que lui pendant ce trio...
Écouter le quintette de Brahms m'a été très agréable, mais je n'ai pas subi exactement le même choc que lors de mes expériences précédentes avec les Berlinois avec les sextuors nº1 et nº2.
Ce concert sera diffusé sur France Musique le 15 mars à 14h.
Ailleurs : Klari.
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Cité de la musique — 2013-03-02
Guy Braunstein, violon
Ramón Ortega Quero, hautbois
Philharmonische Camerata Berlin
Concerto pour hautbois (BWV 1056)
Concerto pour violon (BWV 1041)
Concerto pour hautbois (BWV 1053)
Concerto pour violon (BWV 1042)
Concerto pour hautbois et violon (BWV 1060)
Quelle belle idée de programmer ces concertos de Bach ! J'ai en effet eu très peu d'occasions d'entendre des concertos de Bach en concert. La plupart des rares souvenirs que je leur associe me rappellent des concerts des jeunes musiciens amateurs d'un ensemble nommé Concert Latin, sans lesquels je ne serais sans doute pas concertivore aujourd'hui. Une pensée particulière aussi pour la soliste pas plus haute que trois pommes qui, si je me souviens bien, jouait le concerto pour deux violons (BWV 1043) dans l'Église Notre Dame de Toute Joie à Grigny en 2004.
La Philharmonische Camerata Berlin est en théorie un sous-ensemble des Berliner Philharmoniker ; elle comportait semble-t-il ce soir-là quelques musiciens supplémentaires. Les deux solistes choisis sont Guy Braunstein (violon) et Ramón Ortega Quero (hautbois). Le contraste entre les deux solistes est très net !
J'ai eu pour ma part une certaine préférence pour la façon de jouer du hautboïste Ramón Ortega Quero, dont l'attitude m'évoquait une certaine humilité. J'ignore comment il fait pour respirer, mais par moment, je me disais à l'écoute de certaines très longues phrases qu'il devait y avoir quelque prodige derrière une telle capacité pulmonaire. Toutefois, le musicien n'était rendu que plus humain à mes yeux par le fait que le volume sonore de son instrument me paraissait moins important quand il le dirigeait vers le côté (un effet que je n'ai pas encore observé avec le divin François Leleux...). Avant de venir à ce concert, j'espérais avidement me régaler à l'écoute du concerto pour hautbois (reconstitué) BWV 1053. Le moins que je puisse dire est que je n'ai pas été déçu !
Je ne sais pas s'il faut se risquer à décrire l'interprétation du violoniste Guy Braunstein dans les deux premiers concertos pour violon (BWV 1041 et 1042), car en souligner les qualités signifie aussi en pointer les défauts. Le musicien ne joue pas à moitié ! La prise de risque semble totale ! Je n'ai jamais vu un musicien jouer Bach de façon aussi engagée et captivante ! Je ne lui ferai donc pas le reproche d'avoir souvent été un peu border-line et parfois un peu au-delà. Ma béatitude et ma bonne humeur associée à l'écoute de cette musique étaient trop fortes pour être réellement perturbées par les imperfections entendues... Les mouvements lents de ces deux concertos étaient en effet magnifiques !
N'ayant eu que très peu d'occasions d'entendre en concert ces deux concertos pour violon, j'ai été étonné et à vrai dire agréablement surpris que Guy Braunstein joue la partie des premiers violons quand il n'avait pas à jouer de solos. Ce faisant, au début du concerto BWV 1041, il tournait le dos aux spectateurs, comme pour soustraire religieusement son ego afin de mieux le fondre dans l'ensemble orchestral. Après avoir jeté un coup d'œil aux partitions sur IMSLP, il semblerait que, dans l'édition consultée au moins, le soliste n'ait pas vocation à se reposer entre deux interventions mais à jouer à l'unisson des premiers violons. Cela modifie quelque peu ma façon de penser à ces œuvres. Bach a écrit des concertos pour orchestre (les Brandebourgeois) dans lesquels il n'y a pas un instrument qui domine particulièrement (si on laisse de côté peut-être la folle cadence de clavecin du Cinquième ; cf. cet enregistrement à partir de 5'55" environ). Sur la seule foi de ce que me faisaient entendre mes enregistrements de ces œuvres, je concevais ces deux concertos pour violon comme des concertos au sens plus moderne du terme, avec un instrument soliste dialoguant avec l'orchestre. Les avoir entendus et surtout vus ce soir-là me les feraient presque reconsidérer comme des concertos pour orchestre dans lequel il se trouverait que le premier violon se distinguerait des autres lors de solos élaborés (un procédé qui est très courant dans les œuvres orchestrales, n'est-ce pas ?).
Le concert s'est conclu avec le concerto pour violon et hautbois BWV 1060 dont les thèmes n'ont pas arrêté de me tourner dans la tête pendant quelques heures après le concert. Plutôt qu'une confrontation entre les deux solistes qui était à mon avis à craindre vu la différence entre leurs styles d'interprétation, les deux musiciens se sont pour ainsi dire livrés à un dialogue amoureux. Il fallait voir les mimiques attendries de Guy Braunstein dans le somptueux mouvement lent dans lequel il donnait la réplique au hautboïste Ramón Ortega Quero...
Ailleurs : Bladsurb.
2013-03-01 12:33+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse
Le mois de février vient de se terminer. Pour le concertivore que je
suis, cela a été un mois fou. Après l'équipée budapestoire du début du mois
(Mozart, Bizet, Bartók-Maraton), j'ai maintenu un rythme
de spectacle soutenu. Au total, j'aurai assisté à 31 spectacles en 28
jours... J'ai déjà fait un billet sur Nala et
Dayamanti au Quai Branly. Pour dix-sept qui restent, je vais
tenter de revenir au genre des microniquettes
déjà apparu ici en novembre dernier.
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Salle Pleyel — 2013-02-05
Orchestre Colonne
Laurent Petitgirard, direction
Le Chasseur Maudit (Franck)
Gary Hoffmann, violoncelle
Concerto pour violoncelle (Petitgirard)
Symphonie nº1 (Chostakovitch)
Ce concert du Colonne était magnifique ! Le deuxième balcon étant vide, je ne me suis pas fait prier pour descendre à l'orchestre. Tout m'a plu dans ce programme. Les cuivres de l'orchestre étaient superbes dans Le Chasseur Maudit de Franck. Dans le concerto pour violoncelle du chef d'orchestre Laurent Petitgirard, je me suis délecté du duo du début du deuxième mouvement entre le concertiste Gary Hoffmann et la for-mi-da-ble violoncelliste solo de l'orchestre. J'ai donc été plus que ravi que ce deuxième mouvement ait été rejoué en bis ! La Symphonie nº1 de Chostakovitch m'a procuré beaucoup de plaisir. Il serait impossible d'énumérer tous les solos que j'ai aimé, tous les instruments ayant l'occasion de se mettre en valeur au cours de la symphonie. Je les ai tous adorés !
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Salle Pleyel — 2013-02-07
Roland Daugareil, violon solo
Orchestre de Paris
Juraj Valčuha, direction
Danses de Galánta (Galánti táncok), Zoltán Kodály
Yuja Wang, piano
Concerto pour piano nº2 en sol mineur, op. 16 (Prokofiev)
Toccata en ré mineur (Prokofiev)
Variations sur un thème de Carmen (Vladimir Horowitz)
Die Seejungfrau, poème musical (Zemlinsky)
J'ai aimé découvrir les Danses de Galánta de Kodály (où se distinguait le clarinettiste Philippe Berrod !). Je suis resté indifférent (pour ne pas dire somnolent) au concerto pour piano nº2 de Prokofiev interprété par Yuja Wang, qui a fait preuve d'une aussi sidérante que vaine virtuosité dans un bis adapté de Carmen dans lequel Bizet devenait méconnaissable. La Petite Sirène de Zemlinsky (dont j'ai récemment adoré Der Zwerg à l'Opéra Garnier) alterne des moments délicatement aquatiques à la harpe et des tutti cuivrés assourdissants.
À la lecture des autres billets sur la blogosphère, on pourra constater que je partage l'avis des filles : Grignotages, Klari, Andante con anima, Palpatine.
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Théâtre des Champs-Élysées — 2013-02-08
Joyce DiDonato, Ariodante
Il Complesso Barocco
Dmitry Sinkovsky, premier violon et direction
Air d'Orontea Intorno all'idol mio extrait d'Orontea (Antonio Cesti)
Sinfonia (Presto, Grave, Presto) extrait de Tolomeo ed Alessandro (Domenico Scarlatti)
Air d'Ottavia Disprezzata regina extrait de L'incoronazione di Poppea (Claudio Monteverdi)
Air d'Irene Sposa, son disprezzata extrait de Merope (Geminiano Giacomelli)
Concerto pour violon et cordes RV 242 per Pisendel
(Antonio Vivaldi)
Air de Berenice Da torbida procella extrait de Berenice (Giuseppe Maria Orlandini)
Air de Cleopatra Morte col fiero aspetto extrait de Antonio e Cleopatra (Johann Adolf Hasse)
Air de Cleopatra Piangerò la sorte mia extrait de Giulio Cesare in Egitto (Händel)
Passacaglia extraite de Radamisto HWV 12a (Händel)
Air d'Ifigenia Madre diletta, abbraciami extrait de Ifigenia in Aulide (Giovanni Porta)
Musique de ballet extraite d'Armide (Christoph Gluck)
Air de Rossane Brilla nell'alma extrait de Alessandro (Händel)
Air de Fredegunda Lasciami piangere extrait de Galsuinde (Kaiser)
Air de Berenice Col versar, barbaro, il sangue extrait de Berenice (Giuseppe Maria Orlandini)
Joyce ! Ah, Joyce ! Quel plaisir de l'entendre, dans un répertoire
baroque qui alterne des airs lyriques
et d'autres qui ne sont pas
très éloignés du récitatif. L'orchestre qui l'accompagne, Il Complesso
Barocco, semble métamorphosé par la direction du premier violon Dmitry
Sinkovsky.
Ailleurs : Palpatine.
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Cité de la musique — 2013-02-09
Les Dissonances
Symphonie de chambre nº1 op. 9 (Schönberg)
David Grimal, Hans-Peter Hofmann, violon
Hélène Clément, Natasha Tchitch, alto
Christophe Morin, Maja Bogdanović, violoncelle
Sextuor à cordes nº1 en si bémol majeur, op. 18 (Brahms)
Symphonie nº4 op. 98 en mi mineur (Brahms)
Dix jours après ce concert, je n'ai aucun souvenir de la Symphonie de chambre nº1 de Schönberg. J'aurais sans doute trouvé très bien le sextuor nº1 de Brahms si je n'avais pas déjà entendu quelques musiciens berlinois l'interpréter en début de saison. Je ne sais pas par quel mystère les berlinois magnifiaient cette partition qui cette fois-ci n'a pas produit sur moi le même insoutenable émerveillement. Après l'entr'acte, j'ai en revanche adoré la quatrième symphonie de Brahms !
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Théâtre des Champs-Élysées — 2013-02-10
Ensemble Intercontemporain
Matthias Pintscher, direction musicale
Huit miniatures instrumentales (Stravinski)
Concertino pour douze instruments (Stravinski)
Margriet van Reisen, mezzo-soprano
Le Marteau sans maître, pour voix d'alto et six instruments (Boulez)
Octandre, pour huit instruments (Varèse)
Déserts, pour orchestre et bande magnétique (Varèse)
Les Stravinski m'ont plu. Je me suis ennuyé pendant le Boulez. Je suis content d'être resté pour les Varèse. Octandre n'est certainement pas l'œuvre la plus dérangeante de Varèse. Son côté hors-système est plus flagrant dans Déserts pour orchestre et bande magnétique. Je ne vais pas discuter l'interprétation de l'orchestre, mais celle de la bande magnétique : on a beau dire que c'est un son fixé sur un support, le rendu peut être très différent d'une fois à l'autre. En 2009, les basses fréquences m'avaient donné la nausée. Cette fois-ci, je n'ai pas eu envie de vomir. Zut, je pensais que ce concert serait un peu plus déstabilisant !
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Théâtre des Champs-Élysées — 2013-02-11
Nikolaï Lugansky, piano
Dans les brumes, Janáček
Quatre impromptus op. 142 (Schubert)
Sonate nº1 en ré mineur op. 28 (Rachmaninov)
Ma raison d'aller à ce concert était la présence de Dans les brumes de Janáček. J'espérais me régaler autant que lorsque j'avais entendu pour la première fois cette œuvre interprétée par Alain Planès en janvier 2012 ; le plaisir d'écouter à nouveau ce pianiste dans cette œuvre avait d'ailleurs été renouvelé à la Cité de la musique à la mi-janvier 2013. Lugansky a certainement fait ce qu'il voulait faire. Il y avait sans doute plus de fausses notes dans les interprétations de Planès, mais les tempi excessivement lents et les phrasés hachés de Lugansky m'ont donné l'impression d'une déconstruction de l'œuvre, qui perdait à mon sens toute poésie. Pour moi, cela a été vingt minutes de souffrance. On pourra dire que Lugansky a livré une interprétation toute personnelle de l'œuvre de Janáček... Si mon attention était maximale pendant ce Janáček, j'ai sombré dans les impromptus de Schubert, qui avaient pourtant l'air d'être très bien joués. Ne me sentant pas prêt à affronter la première sonate de Rachmaninov et les nombreux bis subséquents, je suis exceptionnellement parti à l'entr'acte...
Ailleurs : Frederick Casadesus.
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Salle Pleyel — 2013-02-12
Freiburger Barockorchester
Sunhae Im, Bellezza
Julia Lezhneva, Piacere
Christophe Dumaux, Disinganno
Jeremy Ovenden, Tempo
René Jacobs, direction
Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (version italienne de 1707), Händel
Il Trionfo del Tempo e del Disinganno est censé être un oratorio, mais il s'agit pour ainsi dire d'un opéra dans lequel la Beauté personnifiée finit par se désintéresser du Plaisir pour se tourner vers le Temps et la Désillusion. Dans les airs da capo du Plaisir, je me délecte des ornementations dans le chant de l'adorable Julia Lezhneva. Les solos du premier violon sont fabuleux. La façon dont certaines phrases musicales allant de l'aigu au grave passent sans discontinuité apparente des violons aux violoncelles est sidérante. Les couleurs sonores apportées à l'orchestre par les flûtes à bec sont ravissantes. Que j'aime que la musique baroque soit jouée avec un tel engagement ! Bref, quel merveilleux orchestre baroque que ce Freiburger Barockorchester que je n'avais pas entendu depuis 2005 !
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Conservatoire de Paris, Salle d'art lyrique — 2013-02-13
Orchestre du Conservatoire de Paris
Tito Ceccherini, direction
Alexandre Cravero, assistante à la direction
Marie Soubestre, La prostituée (soprano)
Alban Dugourt, Le soldat (ténor)
Catherine Trottmann, La femme de chambre (mezzo-soprano)
Enguerand de Hys, Le jeune homme (ténor)
Laura Holm, La jeune femme (soprano)
Aurélien Gasse, Le mari (baryton)
Charlotte Schumann, La grisette (mezzo-soprano)
Jean-Jacques L'Anthoen, Le poète (ténor)
Marie-Laure Garnier, La cantatrice (soprano)
Roman Dayez, Le comte (baryton)
Yoan Hereau, Lutxi Nesprias, Fanny Prandi, Thomas Tacquet-Fabre, chefs de chant
Marguerite Borie, mise en scène
Darren Ross, chorégraphie et assistant à la mise en scène
Laurent Castaingt, scénographie et conception lumière
Myriam Dogbé, assistante à la scénographie
Pieter Coene, costumes
Sonia Bosc, assistante aux costumes
Héloïse Grandu, habilleuse
Isabelle Lemeilleur, maquilleuse
Naty Meneau, maquilleuse/coiffeuse
Jean-Pierre Le Gallic, Patrick Buisson, régie générale
Mathilde Lemoine, Magid Mahdi, régie plateau
Bruno Bescheron, Guillaume Fesneau, régie lumière
Stéphane Darmon, régie de scène
Nathalie Berthier, Yann Divet, régie orchestre
Reigen, opéra en dix scènes sur un livret de Luc Bondy d'après Der Reigen, pièce de théâtre d'Arthur Schnitzler, Philippe Boesmans (version de chambre de Fabrizio Cassol).
Mes impressions sur cette représentation d'opéra adaptée de la pièce de Schnitzler sont sur le Biblioblog.
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Opéra Bastille — 2013-02-15
Maki Ishii, musique (1985)
Jiří Kylián, chorégraphie (1988)
Michael Simon, scénographie et lumières
Ferial Simon, Joke Visser, costumes
Patrick Delcroix, Elke Schepers, assistants du chorégraphe
Kees Tjebbes, assistant technique et réalisation lumières
Michael De Roo, direction musicale
Alice Renavand, Kaguyahime
Hervé Moreau, Mikado
Muriel Zusperreguy, Amandine Albisson, Caroline Robert, Laurène Levy, Charlotte Ranson, Villageoises
Alessio Carbone, Vincent Chaillet, Aurélien Houette, Sébastien Bertaud, Adrien Couvez, Villageois
Caroline Bance, Eléonore Guérineau, Christelle Granier, Séverine Westermann, Juliette Hilaire, Allister Madin, Marc Moreau, Daniel Stokes, Mathieu Botto, Yvon Demol, Les Citadins
Julien Meyzindi, Alexis Renaud, Les compagnons du Mikado
Ballet de l'Opéra
Kodō, Gagaku et ensemble de percussions invité
Kaguyahime
Malgré une musique et une scénographie superbe, ce ballet qui m'avait tellement plu en 2010 m'a laissé sur ma faim. Certes, la scène de la guerre au début de la deuxième partie est très impressionnante, j'ai bien sûr aimé retrouver Alice Renavand dans le rôle-titre et j'ai pris beaucoup de plaisir à voir danser Amandine Albisson et Aurélien Houette dans des rôles de villageois. Mais, ce ballet me semble insatisfaisant du point de vue narratif. Si on n'a pas (re)lu le synopsis détaillé, le ballet est tout simplement incompréhensible (je n'ai d'ailleurs toujours pas saisi pourquoi il y a deux scènes de castagne, une avant et une après l'entr'acte). Il n'aurait pas été superflu d'ajouter un peu de pantomime pour donner un sens à ce qui se passait sur scène. Bien malin celui qui comprendrait ce que sont les épreuves impossibles imposées par Kaguyahime à ses cinq prétendants...
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Cité de la musique — 2013-02-16
Ensemble Intercontemporain
Alejo Pérez, direction musicale
Modulations (Gérard Grisey)
Hae-Sun Kang, violon
Vita Nova (Sérénades) (Brice Pauset)
Dérive 1 (Pierre Boulez)
Christina Daletska, alto
Gesänge-Gedanken mit Friedrich Nietzsche (Philippe Manoury)
Il y a quelques mois, lors d'un autre concert de l'Intercontemporain, j'avais trouvé merveilleuse la composition #9 de Mauro Lanza. En sortant, Bladsurb m'avait expliqué que c'était de la musique spectrale. En entendant Modulations de Gérard Grisey lors de ce concert, je crois pouvoir dire que j'aime beaucoup cette forme de musique contemporaine. Dans un envoûtant sur-place apparent, le temps semble comme s'arrêter et permet à l'auditeur de s'immerger dans ce son, qui néanmoins se développe et présente de multiples facettes. La retombée sur terre avec la composition de Brice Pauset fut brutale... Après l'entr'acte, j'ai à peine eu le temps de renter dans Dérive 1 de Boulez que l'œuvre était déjà terminée. Pour conclure ce concert, il y avait la première audition en France de Gesänge-Gedanken mit Friedrich Nietzsche de Philippe Manoury au cours de laquelle j'ai été captivé par le chant de Christina Daletska, qui semble n'avoir que des qualités.
Ailleurs : Bladsurb.
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Salle Pleyel — 2013-02-21
Roland Daugareil, violon solo
Orchestre de Paris
Ingo Metzmacher, direction
Emanuel Ax, piano
Concerto pour piano nº17 en sol majeur, KV 453 (Mozart)
Impromptu op. 142 nº2 (Schubert)
Chen Reiss, soprano
Renata Pokupić, mezzo-soprano
Werner Güra, ténor
Johannes Weisser, basse
Chœur de l'Orchestre de Paris
Lionel Sow, chef de chœur
Messe nº3 en fa mineur (Bruckner)
J'avais déjà eu l'occasion d'être émerveillé par le jeu du pianiste Emanuel Ax dans un programme Mozart/Haydn avec l'Orchestre de chambre de Paris. Je me suis régalé en écoutant le concerto pour piano nº17. Je pensais qu'Ingo Metzmacher était un chef spécialisé dans la musique contemporaine (cf. le programme d'un autre concert avec l'Orchestre de Paris en juin 2012). Apercevant son profil gauche depuis ma place, je constate qu'il est manifestement heureux de diriger ce concerto de Mozart. (Le bis du pianiste était superbe, je suis cependant un peu déçu qu'il ait joué le même que lors du concert avec l'Orchestre de chambre de Paris...)
J'étais en théorie placé au fond de l'orchestre, mais je m'étais replacé au rang BB pour être près du pianiste. J'y suis resté pour écouter la Messe nº3 de Bruckner. J'ai donc pour ainsi dire eu le nez dans la partition des premiers violons (les seconds étant à droite du chef). L'effort demandé est impressionnant : des pages et des pages de gammes, avec pratiquement que des doubles-croches ! À force d'entendre continuellement TitatatatatatataTitatatatatataTi... j'en viens à me dire que John Adams et Philip Glass n'ont pas inventé grand'chose. Bien sûr, à l'écoute des autres parties, cet aspect répétitif de la musique disparaît et cette composition comporte quelques merveilles comme le passage très impressionnant du Credo évoquant la Résurrection.
Ailleurs : Paris — Broadway, Palpatine.
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Salle Pleyel — 2013-02-22
Colin Currie, percussions
Pierre-Laurent Aimard, piano
Orchestre philharmonique de Radio France
Jukka-Pekka Saraste, direction
Two Controversies and a Conversation : Concerto pour piano, percussions et orchestre de chambre (Elliot Carter)
Mouvements pour piano et orchestre (Stravinski)
Suite de danses (Bartók)
Sinfonietta (Janáček)
Ce concert démontre que s'agissant de musique, il ne faut pas avoir peur du vingtième siècle ! Une de mes raisons de venir à ce concert était la présence du pianiste Pierre-Laurent Aimard que je n'avais encore jamais entendu en concert. Dix minutes d'Elliot Carter et 8 minutes de Stravinski, c'est malheureusement un peu trop court. En règle générale je pense que la musique gagne à être écoutée et vue dans une salle de concert. La pièce d'Elliot Carter ouvrant le programme fait à mon avis exception. Je suis trop distrait par ce que je vois pour rester attentif à la musique. Les très nombreux et sportifs mouvements du percussionniste entre ses différents instruments (marimba, gongs, etc.) détournent mon attention. L'aspect visuellement haché de phrases musicales réparties entre différents groupes d'instruments m'empêche aussi de véritablement écouter les Mouvements pour piano et orchestre de Stravinski, que j'apprécie aussi davantage à la réécoute...
Après l'entr'acte, l'Orchestre Philharmonique de Radio France interprète la Suite de danses de Bartók. Je les avais déjà entendues à Budapest par le Nemzeti Filharmonikusok (les Philharmoniqueux nationaux) pendant le Bartók-Maraton. Le contraste avec les autres merveilles jouées pendant le Marathon ne m'avaient fait trouver ce concert que très bon. Ayant entendu cette fois-ci cette suite de danses dans un autre contexte. j'ai été tout à fait convaincu par la vigoureuse interprétation du Philhar' dirigé le chef Jukka-Pekka Saraste que j'avais déjà apprécié dans un programme Britten/Chostakovitch. J'apprécie évidemment les glissandos des trombones dans l'Allegro molto, mais je savoure aussi tout particulièrement l'Allegro vivace, une danse paysanne très arabisante !
J'ai été tout autant convaincu par le Sinfonietta de Janáček. Je ne sais pas au juste ce que cette œuvre raconte, mais il est évident à l'écoute que cette œuvre est narrative !
Ce concert est disponible à la réécoute sur Cité de la musique live.
Ailleurs : Paris — Broadway.
⁂
Salle Cortot — 2013-02-23
Marc Duprez, violon
Hélène Lequeux-Duchesne, violon
Joël Soultanian, alto
Sarah Veilhan, violoncelle
Bernard Chapron, flûte
Canon à deux, Ricercar à trois, Canon à quatre, Canon perpetuus per giusti intervalli extraits de L'Offrande musicale (BWV 1079), Bach
Quatuor à cordes nº1 en ut majeur op. 49 (Chostakovitch)
Six Épigraphes antiques (Debussy), transcription pour flûte et trio à cordes de Bernard Chapron
Quatuor pour flûte et cordes en ré mineur, KV 285 (Mozart)
Charmant concert de musique de chambre au programme varié ! Parmi les extraits de L'Offrande musicale qui ont été joués, j'ai adoré le Ricercar à trois, grâce au thème de L'Offrande musicale dont les apparitions et réapparitions m'ont semblé limpides. J'ai encore une fois été charmé par le jeu de la violoncelliste Sarah Veilhan, qui a livré de beaux pizz. fins et délicats dans le Quatuor nº1 de Chostakovitch et qui a fort joliment alterné archets et pizz. dans la cinquième des Épigraphes antiques de Debussy, la plus convaincante à mon goût. La plus belle découverte de ce concert a été pour moi celle du remarquable altiste Joël Soultanian dont le solo au début du deuxième mouvement du Quatuor nº1 de Chostakovitch m'a beaucoup ému.
⁂
Opéra Comique — 2013-02-23
Orchestre philharmonique de Radio France
Hélène Collerette, violon solo et direction
Magali Mosnier, flûte
Concerto pour flûte nº1 en sol majeur, KV 313 (Mozart)
Sérénade nº6 en ré majeur, Serenata notturna, KV 239 (Mozart)
Xavier de Maistre, harpe
Concerto pour flûte et harpe, KV 299 (Mozart)
Merci à Hugo d'avoir attiré mon attention sur ce réjouissant programme Mozart dirigé par Hélène Collerette ! Si les deux sous-ensembles du Philhar' entendus lors de ce concert et celui de la veille sont disjoints ou presque, ils m'ont tous les deux comblé de plaisir ; je note d'aller écouter plus souvent cet orchestre l'année prochaine...
Si j'ai aimé le concerto pour flûte et le concerto pour flûte et harpe, le point culminant de ce concert aura été pour moi la Serenata notturna. Les musiciens semblent prendre autant de plaisir que les spectateurs, très attentifs. Le satisfaction est d'autant plus grande dans le dernier mouvement où des mini-cadences semblent avoir été insérées pour chacun des solistes de cette œuvre (deux violons, un alto, une contrebasse et les timbales). D'après l'enregistrement de cette œuvre dont je dispose, ces solos ne semblent pas prévus par la partition, mais quand bien même certains solos m'ont paru d'un style assez peu mozartien (j'ai même pensé à Boulez !), c'était du meilleur effet !
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Théâtre des Champs-Élysées — 2013-02-26
Orchestre de chambre de Paris
Marina Chamot-Leguay, direction et flûte
Suite nº2 en si mineur, BWV 1067.
John Nelson, direction
Italo Marchini, assistant
Le jeune chœur de Paris
Henri Chalet, chef de chœur
Credo, pour chœur et orchestre (James MacMillan)
Omo Bello, soprano
Marianne Crebassa, mezzo-soprano
Claudia Huckle, alto
Pascal Charbonneau, ténor
Matthew Brook, basse
Magnificat, BWV 243, Johann Sebastian Bach.
La suite pour orchestre “Sonnerie de téléphone” de Bach était malheureusement ratée. Malgré l'effectif orchestral réduit utilisé pour cette œuvre, le son de la flûte (en bois) était inaudible, presque complètement couvert par celui des autres instruments. Ma tristesse est aussi grande que l'estime que je porte à la flûtiste.
Le Credo de MacMillan ne m'a pas autant enchanté que son concerto pour hautbois, interprété en janvier par cet orchestre et François Leleux. J'ai un peu l'impression d'avoir entendu une œuvre pour chœur et une œuvre pour orchestre, mais pas vraiment une œuvre pour chœur et orchestre, comme si les parties chorales et des parties orchestrales s'ignoraient l'une l'autre. L'écriture vocale est archaïsante (oh, des intervalles entre voix du chœur qui sonnent juste), ce qui ne messied point s'agissant d'une œuvre religieuse. Les parties orchestrales sont un peu plus tourmentées, mais j'apprécie tout particulièrement les accords doucement dissonants entre les différents pupitres de cordes (on diraît un tampura mal réglé !). Ayant eu du mal à discerner le texte prononcé par le chœur, je n'ai même pas reconnu le moment où celui-ci dit Et resurrexit..., un passage sans doute totalement dénué d'effet, contrairement à Bruckner dans sa Messe nº3 mentionnée plus haut.
L'interprétation de ce Credo a été perturbée par la présence dans la salle d'un bébé qui a commenté les deux premiers mouvements avec les quelques syllabes à sa disposition. Le troisième mouvement a même été interrompu après quelques secondes. Le chef s'est tourné silencieusement vers le côté, quelques spectateurs ont inventivé contre les parents dudit bébé, les exhortant à sortir (en vain...).
Après l'entr'acte, l'orchestre, le chœur et cinq chanteurs solistes sont venus interpréter le Magnificat de Bach, que je n'avais pas entendu en concert depuis 2007. Cette interprétation réjouissante de la musique de Bach m'a vraiment convaincu. Outre les chanteurs presque tous excellents, j'ai aimé les solos de hautbois, le duo de flûtes, l'organiste, le chœur, le phrasé intéressant choisi par les cordes dans le Deposuit potentes, etc.
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Cité de la musique — 2013-02-27
Philippe Aïche, violon solo
Orchestre de Paris
Paavo Järvi, direction
Symphonie nº86 (Haydn)
Piotr Anderszewski, piano
Symphonie nº4 (Szymanowski)
Sérénade nº1 (Brahms)
Il faudrait que l'Orchestre de Paris joue plus souvent à la Cité de la Musique. C'était une orgie sonore ! J'ai adoré les trois œuvres. La Symphonie nº4 de Szymanowsky m'a paru cette fois-ci bien plus équilibrée que lorsqu'elle avait été interprétée en décembre par le LSO. La Sérénade nº1 de Brahms est une très belle friandise qui commence espièglement dans une atmosphère très paysanne. Pendant tout le concert, le bassoniste Giorgio Mandolesi a fait honneur à sa réputation !
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Église Saint-Eustache — 2013-02-28
Orchestre Colonne
Marc Korovitch, direction
Fabienne Conrad, soprano
Nicolas Lépolard, baryton
Chœur de l'orchestre Colonne
Francis Bardot, chef de chœur
Am Saum ses Gedankens (Gualtiero Dazzi)
Ein deutsches Requiem (Brahms)
Je ne suis pas très friand a priori des concerts dans les églises. Le placement est souvent libre ; il faut donc penser à arriver un peu en avance. Les chaises sont inconfortables et trop rapprochées les unes des autres. Il fait froid (ou trop chaud si on est assis sur le chauffage...). Les musiciens ne sont pas sur une scène surélevée, donc on ne les voit pas et en outre, le son qu'ils produisent est transformé par la durée de réverbération invraisemblablement longue de ces édifices (cf. le cas de la basilique Sainte-Clotilde).
Le concert a commencé par Am Saum des Gedankens de Gualtiero
Dazzi. Contrairement au Credo de MacMillan entendu l'avant-veille de ce concert, je ne ressens
pas ici de grand écart entre les parties vocales et les parties
orchestrales de cette œuvre contemporaine. J'apprécie l'atmosphère créée
par l'orchestre par différents procédés, comme de longues notes tenues ;
cela m'a parfois fait un peu penser au style spectral (voir plus haut à propos de Modulations de
Grisey). Dans cette œuvre pour orchestre, chœur et voix féminine, mes plus
fortes émotions sont venues des interventions de la soprano Fabienne
Conrad. Certes, il m'a semblé qu'il y avait beaucoup de vibrato dans sa
voix au tout début, mais que ses phrasés étaient beaux ! J'ai ainsi
beaucoup aimé sa façon de chanter une fin de phrase sur le texte den
Stern in die Nacht
. Le clou du spectacle résidait dans l'ondulation
presque dhrupadisante sur les deux syllabes d'un unique
mot vers la fin de l'œuvre, était-ce sur le mot immer
dans le poème
Die Pappel ? Merveilleux !
J'appréhendais de réétendre Ein deutsches Requiem de Brahms. Je l'ai entendu deux fois : en 2006 par le COGE et en 2009 par le Philharmonique de Radio France. À chaque fois, je m'étais ennuyé au point que je m'étais peut-être même assoupi. Je garde aussi en mémoire le souvenir de passages qui m'avaient semblé un peu pompeux.
L'Orchestre et le Chœur Colonne sont dirigés par Marc Korovitch, que j'ai déjà pu apprécier comme chef de l'Orchestre des concerts gais. Amenés comme ils l'ont été, sans affectation, les passages qui joués par d'autres m'avaient parus pompeux m'ont semblé venir tout naturellement dans le flux musical. L'acoustique de l'église valorise tout particulièrement le chœur qui explore une large gamme de nuances. Le premier mouvement Selig... m'a bouleversé. J'ai rarement autant pleuré pendant un concert ! Après un deuxième mouvement tout aussi riche en émotions, j'ai pu retrouver une certaine contenance et écouter la suite de l'œuvre d'un air ravi que je n'ai même pas pensé à quitter quand je me suis pris un gros coup de coude involontaire de la part de la spectatrice située à ma gauche...
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